Armstrong revendique sept Tours de France

Lance Armstrong. Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL - L'Agence antidopage américaine (USADA) le considère comme un tricheur et veut qu'on lui retire tous ses titres.

Qu'à cela ne tienne: Lance Armstrong persiste et signe, et se considère toujours comme un septuple vainqueur du Tour de France.

Le controversé cycliste était de passage à Montréal, mercredi, pour y prononcer une allocution lors d'une conférence mondiale sur le cancer.

Il effectuait alors une rare apparition publique depuis qu'il a annoncé la semaine dernière qu'il allait cesser de se défendre des accusations de dopage lancées contre lui par l'USADA.

Plusieurs se demandent maintenant si sa réputation de champion parmi les survivants au cancer ne sera pas ternie par les dernières allégations de l'USADA et sa décision de cesser de les contester.

La star du cyclisme a amorcé son allocution de mercredi matin à Montréal en disant qu'il était peut-être préférable de se présenter à nouveau, compte tenu des événements des derniers jours. Et il a fièrement revendiqué ses sept titres de champion du Tour de France.

«Mon nom est Lance Armstrong, je suis un survivant du cancer, a-t-il d'abord dit aux participants du Congrès mondial sur le cancer. Je suis le père de cinq enfants. Et oui, j'ai remporté sept Tours de France.»

Cette remarque a entraîné un mélange de rires et d'applaudissements dans l'assistance, composée principalement des plus grands chercheurs sur le cancer de la planète.

L'USADA prétend avoir des preuves «accablantes» contre Armstrong, l'accusant de dopage sanguin et d’avoir pris des stéroïdes entre 1999 et 2005, années de ses sacres dans la Grande Boucle. Ces victoires sont survenues après qu'il ait vaincu un cancer des testicules.

Il est devenu un modèle pour des milliers de survivants du cancer et a mis sur pied sa propre fondation — Livestrong —, qui a récolté plus de 500 millions $ pour la lutte contre la maladie.

L'USADA tente d'obtenir qu'Armstrong soit banni de tout sport qui adhère aux règles de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Sa juridiction est toutefois contestée par l'Union cycliste internationale (UCI).

Armstrong continue de clamer son innocence. Il a dit de l'enquête de l'USADA qu'elle était «une chasse aux sorcières inconstitutionnelle». Ses supporters rappellent qu'il n'a jamais échoué un test antidopage.

Mis à part ses remarques en introduction, Armstrong est demeuré bien loin de cette plus récente controverse. Il a plutôt mis l'accent sur son expérience de survivant au cancer et sur le travail de sa fondation. Il a notamment souligné à quel point internet est devenu un puissant outil pour les patients en quête d'informations.

Armstrong a noté qu'il avait eu du mal à trouver suffisamment d'informations quand son diagnostic est tombé, en 1996.

«Après avoir quitté le cabinet du médecin, j'ai ramassé tous les documents que je pouvais trouver le long du mur, a-t-il dit. Vous savez ce qu'on a fait après cela? On s'est rendu dans une librairie — vous vous rappelez de ces commerces-là?»

Armstrong est revenu sur le scandale dans lequel il est plongé en fin d'allocution, jurant qu'il ne l'empêchera pas de poursuivre son oeuvre caritative. «Je crois que ce dont il s'agit réellement ici, c'est de distraction. Je vais vous le dire comme si vous étiez des amis, des partenaires d'affaires et des alliés: je ne vais pas me laisser distraire de ce combat.»