Exploration spatiale - Le robot Curiosity s'est posé sur Mars

Le robot Curiosity de la NASA s'est posé avec succès sur la planète Mars dans la nuit de dimanche à lundi, au terme d'un voyage de plus de huit mois et après avoir parcouru 570 millions de kilomètres dans l'espace.

« Le contact [avec le sol] est confirmé », a annoncé un membre de la mission de contrôle au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena, en Californie.

Curiosity s'est posé comme prévu peu après 1 h 31 à proximité du mont Sharp (5000 m de haut), dans le cratère de Gale, au terme d'une descente de sept minutes qui semble s'être déroulée exactement selon le plan de la NASA.

Le robot a d'abord envoyé un premier signal juste avant de rentrer dans l'atmosphère de la Planète rouge, puis a déployé son parachute en vue de son atterrissage, une tâche très délicate. Les contrôleurs de l'agence spatiale américaine ont ensuite capté les deux premières images envoyées du sol de Mars par le robot, confirmant le succès de l'opération.

Selon les responsables de la mission, poser Curiosity sur le sol martien était la mission la plus difficile jamais entreprise par la NASA dans l'histoire de l'exploration robotique planétaire.

Tandis que les scientifiques de la NASA explosaient de joie dans le centre de contrôle de Pasadena, le président américain Barack Obama s'est félicité de cet « exploit technologique sans précédent », ajoutant que « cela prouve que même les choses les plus difficiles ne résistent pas à [la] volonté » et à l'ingéniosité des États-Unis.

Curiosity a été lancé le 26 novembre 2011 du centre spatial Kennedy, près du cap Canaveral, en Floride. Muni de six roues, c'est de loin le robot le plus gros (900 kg) et le plus sophistiqué jamais envoyé vers une autre planète.

Au cours de sa mission de deux ans, évaluée à 2,5 milliards de dollars, le robot devra vérifier si la Planète rouge n'abrite pas des traces de vie passée sur Mars autre que l'eau recherchée lors des précédentes missions.

Le saviez-vous?

Le Canada participe à cette mission. L'agence spatiale canadienne fournit en effet un spectromètre à particules alpha et rayons X (APXS). La tâche du capteur APSX, de la taille d'un cube de Rubik et fixé à l'extrémité du bras du robot, sera d'analyser les composés chimiques des pierres et du sol de Mars.

Contrairement aux robots précédents, Curiosity était trop lourd pour que l'impact soit amorti par des sacs à air. Le vaisseau qui le transporte a donc volé comme une aile dans la haute atmosphère martienne au lieu de plonger vers le sol.

Les ingénieurs de la NASA ont conçu une sorte de grue dotée de rétrofusées pour les dernières secondes de la descente, afin de poser délicatement le robot, qui a la taille d'une petite voiture.

Ensuite, freiné par un parachute géant, le vaisseau a vu sa vitesse passer de 21 243 km/h à 2,74 km/h en 7 minutes jugées critiques par les ingénieurs du projet.

La zone d'atterrissage s'étend sur une superficie de 20 km sur 7 km. Pourquoi cet emplacement? Les responsables de la mission pensent pouvoir y trouver plus facilement des dépôts sédimentaires riches en traces de vie passée.

Le saviez-vous?

L'ex-URSS avait été la première nation à poser une sonde sur Mars en 1971. Elle n'a fonctionné que 15 secondes.

Trois sondes sont actuellement en orbite autour de Mars, deux américaines (Mars Reconnaissance Orbiter et Mars Odyssey) et une européenne (Mars Express). Elles devaient se mettre en position pour écouter les transmissions radio de Curiosity lors de sa descente dans l'atmosphère martienne. À la surface de Mars, le robot Opportunity est toujours fonctionnel.

La vidéo qui suit explique en anglais les sept minutes cruciales de l'atterrissage.