Cancer - Trois études le confirment : l'activité physique sauve des vies

Trois nouvelles études permettent d'établir l'importance de l'activité physique dans la rémission d'un cancer et dans un mode de vie sain.

Une première montre que des activités physiques adaptées permettent de diminuer de 50 % le risque de rechute chez des patients atteints de cancer du sein, du côlon ou de la prostate.La deuxième établit que le manque d'activité physique est responsable d'un décès sur dix dans le monde, à peu près autant que le tabac ou l'obésité.

Une troisième montre pour sa part que le tiers des adultes et 4 adolescents sur 5 dans le monde ne font pas suffisamment d'exercice physique.

La première recherche

Le cancérologue Thierry Bouillet et ses collègues du seul réseau sport et cancer en France proposent des séances de karaté, de yoga et de gymnastique à quelque 3000 patients dans plus d'une vingtaine de centres dans le pays.

Selon ces cancérologues, trois cancers sont plus réceptifs à l'activité physique :

  • du sein (comme l'attestent 8 études)
  • du côlon (3 études)
  • de la prostate (2 études)

Les données recueillies montrent également que la pratique d'une activité physique ne sert à rien si elle n'est pas assez intense. Pourquoi? L'insuline, les oestrogènes et la leptine, qui sont des facteurs de croissance des cancers, ne baissent qu'à partir d'un certain niveau d'intensité qui n'est pas le même pour les trois cancers. Par exemple, pour le cancer du sein, le seuil a été fixé à l'équivalent d'environ trois heures de marche rapide par semaine, mais pour les deux autres cancers, c'est le double.

De plus, l'effort doit être pratiqué sur une période de 6 à 12 mois avant d'obtenir un effet quelconque.

Proposer un tel programme à des personnes épuisées par leur cancer n'a bien entendu pas été une chose facile. Selon le cancérologue Bouillet, l'activité physique est la seule chose qui corrige la fatigue.

La deuxième recherche

Le Dr I-Min Lee et ses collègues de l'école de médecine de l'Université Harvard ont établi que le manque d'activité physique est responsable d'un décès sur dix dans le monde, à peu près autant que le tabac ou l'obésité.

Selon leurs calculs, pour la seule année 2008, l'inactivité physique serait ainsi responsable de 5,3 millions des 57 millions de décès répertoriés à travers le monde.

Le Dr I-Min Lee explique que de 6 à 10 % des quatre grandes maladies non transmissibles (maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, cancers du sein et du côlon) seraient liées au fait de pratiquer moins de 150 minutes d'activité modérée par semaine, comme le recommande l'Organisation mondiale de la santé.

Cette recommandation correspond à 30 minutes de marche rapide, cinq jours par semaine.

En analysant les résultats de plusieurs études, le Dr I-min Lee a établi que 6 % des maladies cardiovasculaires, 7 % des diabètes de type 2 (le plus courant) et 10 % des cancers du sein et du côlon pouvaient globalement être attribuées à l'inactivité physique.

Pour les seules maladies cardiovasculaires, 400 000 décès auraient ainsi pu être évités sur les 7,25 millions de décès provoqués par ces maladies dans le monde en 2008.Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue The Lancet affirment qu'en généralisant l'activité physique, l'espérance de vie de la population mondiale pourrait augmenter de 0,68 année, soit à peu près autant que si tous les obèses américains revenaient à un poids normal. Par comparaison, il est généralement admis que le tabac tue 5 millions de personnes par an.

La troisième recherche

Une étude menée par le Dr Pedro C. Hallal de l'Université de Pelotas, au Brésil, et réalisée sur 122 pays, montre pour sa part que le tiers des adultes et 4 adolescents sur 5 dans le monde ne font pas suffisamment d'exercice physique, ce qui accroît de 20 % à 30 % leurs risques d'avoir des maladies cardiovasculaires, du diabète et certains cancers.

Ces travaux sont publiés dans un numéro spécial de la revue The Lancet consacré à l'activité physique.

Radio-Canada.ca avec AFP