- Rio Tinto Alcan : entente de principe à Alma

Une entente de principe est intervenue lundi entre la direction de l'usine de Rio Tinto Alcan, à Alma, et le syndicat des Métallos qui représente 780 travailleurs en lock-out depuis six mois.

Cette entente sera soumise au vote des travailleurs de l'usine lors d'une assemblée qui aura lieu cette semaine.

Si elle est acceptée, la priorité de l'entreprise sera de redémarrer l'usine et de la ramener à sa pleine capacité de production. Cela prendrait quelques semaines.

Les travailleurs de Rio Tinto Alcan à Alma sont en lock-out depuis le 1er janvier dernier et l'usine fonctionne au tiers de sa capacité depuis le début du conflit.

Étienne Jacques, chef des opérations de Rio Tinto Alcan, s'est dit satisfait de l'entente de principe dans un communiqué : « les deux parties ont fait preuve d'ouverture, permettant d'en arriver à cet accord ».

Des discussion « intensives » ont eu lieu durant les derniers jours en présence d'un médiateur du ministère du Travail.

La direction de l'entreprise salue d'ailleurs le travail du conciliateur Jean Poirier. Les négociations entre les parties avaient repris le 13 juin dernier à sa demande.

De son côté, le syndicat des Métallos a indiqué qu'il ne fera pas de commentaires sur l'entente de principe. Son président, Marc Maltais, se dit tout de même « content ».

Le syndicat, qui veut contrer le recours à la sous-traitance, tente depuis le début du conflit d'obtenir un minimum fixe d'emplois.

Rio Tinto Alcan a déjà indiqué qu'elle souhaitait remplacer ses travailleurs qui prennent leur retraite par des sous-traitants dont les salaires seraient inférieurs.

Par ailleurs, en avril dernier, Radio-Canada a révélé que Rio Tinto Alcan avait eu recours aux services de deux briseurs de grève. L'usine a utilisé les services d'un sous-traitant pour effectuer le transport du courrier et ceux d'une salariée pour remplir les fonctions d'un travailleur en lock-out afin de nettoyer des filtres et effectuer des prélèvements d'air, selon un rapport du ministère du Travail.

Économie régionale éprouvée

Le lock-out à l'usine de Rio Tinto Alcan affecte non seulement la ville d'Alma, mais aussi l'économie de l'ensemble de la région, a affirmé le maire de la municipalité, Marc Asselin.

« Il fallait qu'on trouve des solutions », a ajouté le maire, qui dit se croiser les doigts pour que le conflit se règle bel et bien.

Le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard, témoigne lui aussi de l'ampleur des impacts du conflit sur l'économie, arguant que « 110 millions de masse salariale dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est très, très important ».

Le gouvernement ne s'est pas immiscé dans les négociations, précise par ailleurs Serge Simard. « Nous notre rôle, c'est d'être facilitant, et c'est exactement ce qu'on a fait en nommant des conciliateurs », dit-il.

Le député péquiste du Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, rappelle pour sa part que le conflit a coûté 33 millions de dollars à Hydro-Québec au cours des trois premiers mois de l'année. Il estime de plus le coût du conflit à 2 millions de dollars par semaine pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En attendant de connaître le détail de l'entente et de voir celle-ci acceptée par les employés, « on demeure sur le qui-vive », dit prudemment le député.