Environnement - Port de Saguenay : peu d'opposants au projet de desserte ferroviaire

Le projet de construction d'un lien ferroviaire de 12,5 kilomètres entre le port de Grande-Anse et le chemin de fer Roberval-Saguenay rencontre peu d'opposition devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Seize mémoires ont été déposés lundi soir. Le projet du Port de Saguenay coûtera près de 37 millions de dollars. Il doit être complété d'ici le 31 mars 2014 et créerait près de 125 emplois.

Si la majorité des mémoires présentés au BAPE sont favorables au projet, un Baieriverain, Gérard Guay, dit se sentir bâillonné par les promoteurs.

M. Guay a reçu une mise en demeure lui reprochant des propos diffamatoires. « Il n'y a aucun trafic qui soutient ce port-là et il n'y en aura pas, dit-il. Il y a 400 000 tonnes annuelles à Grande-Anse. Un vraquier chinois prend ça dans un seul bateau. »

Le directeur général du Port de Saguenay, Alain Bouchard, réfute les affirmations du citoyen de l'arrondissement de La Baie.

« Quand on parle de tonnage, ce n'est pas une mesure exacte. Il faut regarder toute l'activité économique en arrière-plan », soutient-il.

Les organismes pour le projet, dont la Société des fabricants régionaux, l'Association des parcs industriels, le Centre local d'emploi de Saguenay et la Chambre de commerce du Saguenay, brandissent aussi l'argument économique.

« Il est clair qu'il y aura des retombées directes à court et moyen terme, affirme le président de la Chambre de commerce du Saguenay, Éric Dufour. À ce moment-là, ça fait revivre le commerce au détail pendant des crises économiques. »

De leur côté, les groupes écologistes craignent qu'il y ait plus d'accidents maritimes et que des milieux humides soient détruits.

Le coordonnateur d'Eurêko, Yves Gauthier, ne souhaite tout de même pas bloquer la route aux promoteurs qui sont l'administration du Port de Saguenay et Promotion Saguenay.

« On ne s'oppose pas au projet, même qu'il est bon de souligner que le transport ferroviaire devrait être privilégié davantage en permettant de diminuer les émissions de gaz à effet de serre », indique M. Gauthier.

Les commissaires du BAPE doivent remettre leur rapport au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs au plus tard, le 21 septembre.