Développement minier - Stornoway Diamond accusé d'avoir pollué son site avant de l'exploiter

La Société pour vaincre la pollution accuse la minière Stornoway Diamond d'avoir pollué le site d'exploration qui doit mener à l'ouverture d'une mine de diamants d'ici deux ans près des monts Otish, au nord de Chibougamau.

L'organisme écologiste fait cette affirmation dans son mémoire déposé devant l'Agence canadienne d'évaluation environnementale.

À partir des données de l'entreprise, le porte-parole de la Société pour vaincre la pollution, Daniel Green, constate la présence de métaux toxiques, du nickel et du chrome, dans les sédiments des cours d'eau autour du lac Lagopède, près du projet Renard de Stornoway Diamond.

« Dans 28 % des cas, les concentrations trouvées en 2010 dépassent les critères d'effets probables sur les écosystèmes aquatiques », souligne M. Green.

Il rappelle que l'entreprise n'a pourtant procédé qu'à une vaste campagne de forage à ce moment-ci. « Si au niveau de la phase d'exploration, la compagnie Stornoway a pollué l'environnement, qu'est-ce qui va arriver quand la mine va être en pleine exploitation », demande le porte-parole de la Société pour vaincre la pollution?

Daniel Green demande à Ottawa d'enquêter sur cette contamination, mais il doute de la volonté du gouvernement Harper d'agir.

Il s'inquiète aussi de voir le même type de forage minier se multiplier par centaines, loin de la surveillance gouvernementale.

« Ça veut dire qu'il est possible que le Nord-du-Québec, avec le Plan Nord de Jean Charest, même au niveau exploratoire, on a déjà commencé à polluer le nord », dit M. Green.

La Société pour vaincre la pollution conclut que la seule façon d'exploiter une mine de diamants près des monts Otish serait de forcer Stornoway Diamond à financer une agence indépendante qui analysera ses propres échantillons.

Autres critiques de Nature Québec

Un autre organisme, Nature Québec, doute pour sa part de la rentabilité du projet de mine de diamants au nord de Chibougamau.

Dans son mémoire, Nature Québec notait, entre autres, que la mine rapporterait plus de un milliard de dollars aux actionnaires et 600 millions en recettes fiscales à Québec et à Ottawa. Il déplorait que le gouvernement du Québec paye seul la route qui mène à la mine, dont la facture atteint 300 millions de dollars.