Énergie - Hiver doux et lock-out chez Rio Tinto Alcan font reculer les profits d'Hydro-Québec

Les profits nets d'Hydro-Québec ont reculé de 4,7 % au premier trimestre en raison des températures clémentes, de la baisse des revenus d'exportation et des achats d'électricité effectués auprès de Rio Tinto Alcan dans la foulée du conflit de travail à l'usine d'Alma.

Le bénéfice net de la période qui a pris fin le 31 mars s'est établi à 1,34 milliard de dollars, contre 1,4 milliard pendant le trimestre correspondant de 2011.

Les revenus ont totalisé 3,79 milliards de dollars, en baisse de 30 millions par rapport à l'an dernier.

La baisse de la demande en raison de la météo a eu un impact défavorable de 66 millions de dollars sur les profits.

Les achats des surplus d'électricité de Rio Tinto Alcan ont coûté 33 millions à Hydro-Québec au cours des trois premiers mois de l'année.

Hydro-Québec a acheté 0,8 térawattheure en janvier, février et mars dernier, à un prix s'approchant du tarif L de 4,2 cents le kilowattheure.

La vice-présidente comptabilité et contrôle d'Hydro-Québec, Lise Croteau, précise que ces achats d'électricité pourraient être rentabilisés à long.

« C'est certain qu'une fois que cette énergie-là, on l'a achetée, elle est à Hydro-Québec, dit-elle. Par la suite, elle pourra être revendue sur les marchés du Québec et hors Québec. On verra à ce moment-là la rentabilité qu'on pourra en tirer. »

Enfin, la baisse des revenus d'exportation a retranché 30 millions au bénéfice.

Des achats d'électricité dénoncés

Le président du Syndicat des employés d'énergie électrique Québec (SEEEQ), Pierre Simard, crie au scandale.

« C'est nous, comme contribuables, qui sommes obligés d'acheter les surplus d'électricité de la multinationale qui a décidé elle-même de décréter un lock-out à Alma », dénonce M. Simard.

Le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA-Métallos), Marc Maltais, ne peut faire de commentaires en raison des négociations en cours avec Rio Tinto Alcan pour tenter de régler le conflit de travail.