Transport - Train vers Pearson : des Torontois poursuivent la province

Une coalition de citoyens habitant près des voies ferrées où circuleraient les nouvelles navettes entre l'aéroport Pearson et le centre-ville de Toronto traîne la province devant les tribunaux au sujet de ces trains au diesel.

Le groupe sort l'artillerie lourde après plusieurs années de manifestations et de pétitions contre le projet.

Selon ces résidents, des trains au diesel mettent en péril la santé des 300 000 personnes qui habitent à moins de 450 mètres du tronçon dans l'ouest de la ville. Les nouveaux trains y circuleraient des dizaines de fois par jour. La Clean Train Coalition demande l'électrification immédiate du corridor.

Le groupe allègue dans sa poursuite que l'agence provinciale Metrolinx a failli à son devoir de bonne planification à long terme en choisissant le diesel, simplement pour que le service express soit prêt à temps pour les Jeux panaméricains de 2015. À l'heure actuelle, les voyageurs doivent prendre un taxi, leur voiture ou un autobus pour se rendre à l'aéroport.

Le médecin hygiéniste en chef de Toronto, David McKeown, et nombre d'élus locaux se sont opposés eux aussi au diesel dans le passé.

Projet sur les rails

Toutefois, l'agence Metrolinx a déjà signé un contrat de 53 millions de dollars pour l'acquisition de trains pour le nouveau service. La porte-parole, Vanessa Thomas, précise toutefois, dans une entrevue au Toronto Star , que ces wagons autopropulsés peuvent être convertis à l'électricité. Elle ajoute qu'une étude d'impact environnemental sera réalisée en 2014 sur l'électrification du corridor.

Metrolinx a laissé entendre dans le passé que l'électrification du tronçon et du réseau de trains de banlieue GO pourrait constituer une option souhaitable, malgré son coût élevé. Toutefois, dans le cas des navettes reliant la gare Union à l'aéroport Pearson, l'agence a toujours maintenu que la mission que lui avait confiée le gouvernement provincial était de mettre le projet sur les rails à temps pour les Jeux panaméricains, ce qui ne lui laissait pas suffisamment de temps pour installer des fils et des stations électriques le long des voies.

Congestion et pollution :

Selon les estimations de Metrolinx, 5 millions d'automobiles circulent chaque année entre le centre-ville de Toronto et l'aéroport Pearson. Ce nombre doit atteindre 9 millions d'ici 2020. Metrolinx estime que le nouveau lien ferroviaire doit éliminer 1,2 million de trajets en automobile chaque année.