- Magnotta ne subira pas d'examen psychiatrique

Luka Rocco Magnotta, accusé d'avoir tué et démembré un étudiant chinois en mai dernier, s'est présenté en personne au palais de justice de Montréal, jeudi après-midi, attirant une foule de curieux et de journalistes. Il a plaidé non coupable et ne demande pas d'évaluation psychiatrique.

Contrairement à ce que plusieurs appréhendaient, ses avocats n'ont pas présenté de demande d'examen psychiatrique de 30 jours visant à déterminer si l'accusé est apte à subir son procès.

Le porte-parole du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Jean-Pascal Boucher, n'a pas fourni d'explication quant à cette décision, se contentant de dire que c'était le choix de la défense.

Cette dernière pourrait toutefois décider de déposer une demande ultérieurement.

En compagnie de ses trois avocats, Magnotta est apparu dans une salle d'audience hautement gardée, affichant un air impassible. Il a gardé ses yeux rivés sur le juge durant toute la durée de sa courte présence. Me Luc Leclair, son nouvel avocat de Toronto, s'est chargé de la représentation auprès du juge Jean-Pierre Boyer, de la Cour supérieure du Québec.

L'Ontarien de 29 ans est accusé du meurtre prémédité de Lin Jun, d'outrage à un cadavre, de diffusion de matériel obscène, de corruption de moeurs, et de harcèlement criminel à l'endroit du premier ministre Stephen Harper.

Le procès pour meurtre prémédité se tient automatiquement devant un juge et un jury, mais pour les quatre autres accusations, Magnotta avait la possibilité de choisir, et il a demandé à subir son procès devant juge et jury.

Luka Rocco Magnotta demeurera détenu jusqu'à la tenue d'une conférence préparatoire, le 9 janvier prochain. Les procédures se dérouleront en anglais et l'enquête préliminaire, visant à déterminer s'il y a matière à procès, aura lieu le 11 mars.

Compte tenu du nombre de causes devant être entendues par les tribunaux, il est peu probable que le procès ait lieu à l'automne, explique Isabelle Richer.

Me Leclair a déclaré que son client faisait confiance au système judiciaire canadien. « M. Magnotta a renoncé à ses droits [de contester] l'extradition et est revenu volontairement au Canada parce qu'il voulait faire face à ses accusations », a-t-il indiqué lors d'un point de presse suivant la comparution.

La famille de la victime se trouve toujours au Canada, mais n'a pas assisté à la comparution de jeudi. « La famille de la victime a été rencontrée par les procureurs. On a un souci constant de s'occuper et de tenir informés les membres de la famille », a expliqué le porte-parole du DPCP, Jean-Pascal Boucher.

Luka Rocco Magnotta est arrivé lundi à l'aéroport Montréal-Mirabel, à bord d'un avion militaire canadien. Protégé par un important convoi de policiers, l'accusé a été emmené dans un centre de détention montréalais non identifié. Il était détenu à Berlin, en Allemagne, en attendant son renvoi au Canada.

Il avait été capturé le 4 juin, après 10 jours de cavale, dans un café Internet de Berlin, grâce à un employé de l'établissement qui l'avait reconnu. Sa photographie avait été affichée sur le site web d'Interpol, car il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international.

Radio-Canada.ca avec PC