- Le CRTC supprime le Fonds pour l'amélioration de la programmation locale

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) abolit le Fonds pour l'amélioration de la programmation locale.

Ce fonds sera supprimé progressivement d'ici au 31 août 2014. « En conséquence, les frais que plusieurs entreprises de distribution par câble et par satellite avaient passés à leurs clients seront soustraits de leurs factures », précise le CRTC.

Le régulateur public se dit satisfait du soutien que le fonds a apporté « au cours d'une période économique difficile », a indiqué le vice-président des télécommunications du CRTC et président du comité d'audition, Leonard Katz.

Ce fonds avait été créé en 2008 pour fournir les ressources nécessaires pour aider les télédiffuseurs à l'extérieur des zones métropolitaines à maintenir et à améliorer la programmation locale en période de récession. En 2010, 78 stations ont reçu 100 millions de dollars du fonds et, en 2011, 80 stations ont reçu 106 millions.

Le CRTC croit que les stations locales continueront d'offrir la même qualité d'émissions sans ce soutien puisque « la situation financière des radiodiffuseurs s'est améliorée ». Le milieu de la publicité a connu un redressement, et le passage à la télévision numérique a été réussi, explique l'organisme.

Une étude de Statistiques Canada révélait la semaine dernière que les recettes d'exploitation du secteur de la télévision au Canada sont effectivement en hausse. Les recettes publicitaires de la télévision payante et spécialisée ont bondi de 10,9 %.

Une décision mal accueillie

La fédération des communautés francophones et acadienne se dit « sous le choc ». Elle trouve « répréhensible » la décision du CRTC et considère que les francophones seront pénalisés.

« Pour la majorité de nos communautés, la seule source de programmation télé locale en français, c'est Radio-Canada. Considérant les compressions budgétaires que la société d'État a dû encaisser en mars, et sachant que c'est le FAPL qui a permis en bonne partie de maintenir les acquis dans nos communautés, il est clair que l'on doit s'attendre à des conséquences très néfastes », dit la présidente de la fédération, Marie-France Kenny.

Le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix, arrive à la même conclusion. Selon lui, « il ne fait pas de doute que cela aura des répercussions négatives sur la programmation locale dans les marchés plus petits. Nous devrons modifier nos niveaux de service et nos modes de prestation de services, ainsi que le territoire couvert par nos journalistes », entrevoit-il.

Le président de la société d'État juge qu'il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour les consommateurs. M. Lacroix ne croit pas que cette décision permettra une baisse des tarifs des câblodistributeurs, comme l'affirme le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications, « car leurs tarifs ne sont pas réglementés par le CRTC. Au final, au lieu de servir au soutien de la programmation locale, ces sommes iront gonfler les revenus des entreprises de distribution de radiodiffusion », dit-il.

Le Syndicat des communications de Radio-Canada pense quant à lui qu'il s'agit d'une « décision idéologique qui reflète la pensée dominante de ce gouvernement conservateur ».

Radio-Canada.ca avec PC