Élections Québec 2012 - Québec solidaire renforcerait l'OQLF pour serrer la vis aux commerçants montréalais

Québec solidaire bonifierait le budget de l'Office québécois de la langue française (OQLF) de 15 millions de dollars afin qu'il puisse doubler le nombre de ses inspecteurs et ainsi s'assurer plus adéquatement du respect de la Charte québécoise de la langue française, en particulier dans les commerces de Montréal.

C'est ce qu'a annoncé jeudi la présidente du parti, Françoise David, lors d'un point de presse organisé devant les bureaux montréalais de l'OQLF.

« La langue française est en danger à Montréal », a dit la candidate de Québec solidaire dans Gouin, en évoquant les plus récentes conclusions de l'OQLF selon lesquelles 26 % des commerçants montréalais n'accueillent pas leurs clients en français. Cette proportion était de 11 % en 2010.

Selon Françoise David, il est donc impératif de doubler le nombre d'employés de l'OQLF, actuellement au nombre de 246. « S'il n'y a pas des gens qui vont en entreprise s'assurer que la loi est respectée, c'est comme avoir des belles lois en environnement avec pas d'inspecteur pour les appliquer », argue-t-elle.

Québec solidaire propose également d'étendre les dispositions de la Charte aux entreprises de 10 employés et plus et de fréquenter les écoles passerelles, comme l'on désigne ces écoles privées en langue anglaise qui ne sont pas subventionnées par l'État. Le parti se dit prêt à recourir à la clause dérogatoire pour y parvenir.

Ces deux propositions sont également défendues par le Parti québécois.

Le parti de gauche ne croit cependant pas qu'il faille interdire aux francophones et aux allophones de fréquenter les cégeps anglophones. Selon Françoise David, le PQ « prend le problème à l'envers » : si le marché du travail fonctionne en français, dit-elle, tout le monde voudra aller au cégep en français.

Aider la francisation des jeunes immigrantes

Présente aux côtés de sa chef, la candidate de Québec solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a quant à elle plaidé en faveur d'un accroissement du nombre de niveaux d'enseignement de la langue destinés aux immigrants, afin d'améliorer la qualité de leur français oral et écrit. Le parti n'a pas chiffré le coût de cette mesure.

Mme Massé souhaite également que les cours de francisation s'adaptent mieux aux femmes immigrantes, souvent aux prises avec des responsabilités familiales. Certaines attendent que leurs enfants soient à l'école avant de suivre des cours de francisation; d'autres abandonnent l'idée de suivre des cours pour pouvoir accueillir leurs jeunes enfants au retour de l'école.

Selon Mme Massé, il faudrait adopter certaines mesures pour répondre à ces situations, notamment en prolongeant le délai d'admissibilité aux cours de francisation, qui est actuellement de cinq ans, ou en développant davantage de haltes-garderies, où les femmes pourraient emmener leurs enfants au besoin.

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