Économie - Barrages des Attikameks en Haute-Mauricie : l'impasse persiste

La manifestation des Attikameks se poursuit vendredi et l'impasse persiste en Haute-Mauricie. Les barrages sont maintenus sur les chemins forestiers, ce qui perturbe l'activité économique.

Les Attikameks promettent d'intensifier leurs manifestations et songent à ériger des barrages près de Rivière-aux-Rats. De leur côté, les chefs des communautés attikameks ont fait le point sur leur stratégie vendredi lors d'un appel téléphonique.

La manifestation ne semble pas près de se terminer puisque les dirigeants attikameks sont déçus de l'échange téléphonique qu'ils ont eu hier avec le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley. Les représentants attikameks sont d'avis que le ministre ne semble pas connaître le dossier et n'avait rien d'intéressant à offrir.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, le barrage a toutefois été levé sur la voie ferrée et les trains de marchandises peuvent maintenant circuler.

Réaction de Bernard Landry

L'ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry, invite le gouvernement du Québec et les Attikameks à s'inspirer de l'entente conclue avec les Cris pour régler le contentieux sur les ressources naturelles.

La Paix des Braves a été signée il y a dix ans par le gouvernement du Québec que dirigeait alors Bernard Landry. L'ex-premier ministre estime que ce genre d'entente pourrait permettre de dénouer l'impasse avec les Attikameks.

Depuis le début de leurs manifestations lundi, les dirigeants attikameks disent vouloir une entente du même type en vue d'un partage de l'utilisation et des retombées économiques de l'exploitation des ressources de leur territoire.

M. Landry a rappelé que, depuis la signature de l'entente en 2002, il n'y a pas eu de conflit entre le gouvernement du Québec et les Cris. Il pense qu'il faut s'en inspirer dans le cas des revendications des Attikameks.

Selon lui, il faut respecter deux principes : reconnaître que les Premières Nations sont des nations et que le territoire qu'ils revendiquent est partagé avec la nation québécoise et n'est pas un territoire exclusif à l'un ou l'autre. M. Landry soutient que c'est ce qu'il s'est fait avec les Cris et que cela a donné de très bons résultats.

« Le territoire réclamé est un territoire québécois et attikamek. Aux Nations Unies et dans plusieurs autres pays, on invoque la Paix des Braves comme un modèle d'entente. C'est le résultat de notre histoire. Les Amérindiens étaient là avant nous et nous ne retournerons pas en Europe. Il faut accepter cette fatalité », rappelle l'ex-premier ministre.