Justice - Winnipeg : Alex Chapman a été le premier à témoigner sur la conduite de la juge Douglas

Alex Chapman a été le premier témoin à comparaître lundi à Winnipeg lors des audiences du Conseil canadien de la magistrature (CCM) qui se penche sur la conduite de la juge Lori Douglas, liée à une controverse d'ordre sexuel.

En juin, le CCM a accepté que M. Chapman comparaisse comme intervenant lors de l'examen de la conduite de la juge.

Il avait porté plainte au CCM à l'endroit de Lori Douglas en 2010.

Témoignage

Alex Chapman soutient avoir engagé l'avocat Jack King, le mari de Lori Douglas, à la suggestion d'un ami pour régler son divorce.

Il a affirmé avoir eu de mauvaises expériences avec d'autres avocats à la suite de démêlés avec la justice et lors de son processus de divorce.

M. Chapman soutient que la juge et son mari l'ont harcelé sexuellement en lui offrant d'avoir des rapports sexuels avec Mme Douglas.

Le témoin a réaffirmé que Jack King lui avait proposé de visiter un site Internet pour adultes sur lequel des femmes blanches, à la recherche de partenaires sexuels mâles noirs, mettent des photos explicites.

M. King lui a donné le code d'accès de ce site Internet sur lequel se trouvaient des photos sexuellement explicites de sa conjointe, la juge Lori Douglas.

L'avocat a reconnu en 2003 avoir tenté de convaincre son client d'avoir des relations sexuelles avec sa femme, Lori Douglas.

Cette dernière clame de son côté son innocence.

Toutefois, le témoin estime qu'il est impossible que Lori Douglas n'ait pas été au courant des suggestions de son mari.

Rocco Galatti, l'avocat de M. Chapman pour les audiences sur la conduite de la juge Douglas, affirme s'être préparé le mieux possible pour bien défendre son client. « Franchement, je n'ai pas eu assez de temps pour me préparer convenablement », a-t-il toutefois admis lundi matin.

L'enquête se poursuit toute la semaine et la semaine prochaine.

Elle pourrait mener à la destitution de la juge si elle est reconnue coupable.

Il est très rare qu'un juge soit démis de ses fonctions au Canada.

Le cas de Mme Douglas n'est que le neuvième examen de la conduite d'un juge, mais il constitue le premier examen à se concentrer sur la vie privée d'un magistrat.