Justice - Enquête sur Lori Douglas : l'ex-patron de la juge la voit comme une victime

Vendredi à Winnipeg, l'ancien patron de Lori Douglas a témoigné lors des audiences de l'enquête sur le comportement de la juge qu'elle ne savait « essentiellement rien » des manigances sexuelles de son mari.

Le Conseil canadien de la magistrature a entendu cette semaine deux témoins lors des audiences : Alex Chapman qui accuse Lori Douglas de harcèlement sexuel et Michael Sinclair.

En 2003, Michael Sinclair était patron de la firme d'avocats Thompson Dorfman Sweatman, où travaillaient Lori Douglas et son mari Jack King, lorsqu'il a reçu une lettre de l'avocat d'Alex Chapman détaillant la plainte de harcèlement.

Michael Sinclair a alors demandé à Jack King si sa femme était au courant de ses manigances sexuelles.

Ce dernier aurait répondu qu'elle « ne savait essentiellement rien ».

Le patron s'est alors dit que Lori Douglas était la victime des actes de son mari.

Jack King a confié à son patron qu'il pensait que sa femme était au courant des photos sexuellement explicites d'elle qu'il avait mises sur Internet, mais seulement pour un site.

Michael Sinclair soutient n'avoir pas posé davantage de questions, mais avoue avoir suggéré à sa collègue de quitter son mari.

Au terme de son enquête, la CCM pourrait décider de destituer Lori Douglas de ses fonctions de juge.

Le témoignage d'Alex Chapman

Plus tôt durant la semaine, Alex Chapman a été parfois très émotif lorsque l'avocate de Lori Douglas s'en prenait à sa crédibilité.

Jack King doit témoigner la semaine prochaine.

Les audiences se poursuivront jusqu'au 27 juillet.

Retour sur les faits

En 2010, Alexander Chapman avait porté plainte contre son avocat, l'accusant d'avoir suggéré d'avoir des relations avec son épouse. Me King lui aurait également montré des photos pornographiques sur Internet mettant en scène la juge.

L'affaire remonte à 2003, deux ans avant la nomination de Lori Douglas à la magistrature.

M. Chapman avait accepté à l'époque de signer une entente de confidentialité en échange de 25 000 $.

Sept ans plus tard, à l'été 2010, M. Chapman déposait cependant une plainte formelle devant le Conseil canadien de la magistrature, à l'endroit de Lori Douglas, de son mari, et du cabinet d'avocats Thompson Dorfman Sweatman, pour lequel le couple travaillait au moment des faits.

Alexander Chapman avait également déposé une plainte contre Me King auprès du Barreau du Manitoba et intenté trois poursuites distinctes totalisant 67 millions de dollars.

Une première poursuite de 7 millions de dollars, qui visait la juge, et une autre de 50 millions de dollars intentée contre la firme Thompson Doftman Sweatman, ont été abandonnées par M. Chapman. Il avait été débouté à la mi-novembre pour sa troisième poursuite, chiffrée à 10 millions de dollars, qui visait le mari de la juge, Jack King.

Le juge de la Cour du Banc de la Reine avait alors soutenu que M. Chapman n'avait pas le droit de poursuivre Me King alors qu'il avait signé une entente de confidentialité et promis de ne pas porter plainte contre l'avocat et ses partenaires.

En mars 2011, Jack King a plaidé coupable à des accusations d'abus de confiance, de harcèlement sexuel et de conflit d'intérêts, devant la Société du Barreau du Manitoba.

La juge Douglas avait demandé à être provisoirement relevée de ses fonctions en 2010, après que son nom ait été impliqué dans le scandale sexuel.

Par ailleurs, Lori Douglas dément les accusations sexuelles qui pèsent sur elle.