Femmes autochtones - Une commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues est demandée

Les chefs autochtones du Manitoba et la députée fédérale de Churchill et porte-parole de la condition féminine du NPD, Niki Ashton, ont réclamé vendredi à Winnipeg une commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones assassinées et portées disparues.

Le grand chef des Premières Nations du Nord du Manitoba (MKO), David Harper, affirme que les meurtres de trois femmes autochtones survenus à Winnipeg prouvent clairement que l'approche actuelle du gouvernement ne fonctionne pas.

David Harper a indiqué qu'une enquête était nécessaire pour tenter de découvrir pourquoi les femmes autochtones étaient aussi souvent victimes de violence.

Il souhaite également qu'elle se penche sur des problématiques sous-jacentes comme la pauvreté.

D'après les chefs, près de 600 femmes autochtones sont portées disparues au Canada, dont 80 au Manitoba.

De son côté, Niki Ashton a soutenu que le gouvernement ne pouvait continuer à ignorer ce qu'elle qualifie d'épidémie.

Ultimatum lancé

Les chefs autochtones et Niki Ashton enverront une lettre au bureau du premier ministre Harper qui réclamera une réponse d'ici le 10 juillet sans quoi « un mouvement national » sera enclenché pour exiger une telle enquête

Ottawa a déjà rejeté les appels à la mise sur pied d'une enquête. Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, croit qu'une telle idée est prématurée et argue que que la solution réside par le durcissement des peines.

Femmes disparues à Winnipeg

Dimanche dernier, la police a accusé Shawn Lamb pour les meurtres non prémédités de Carolyn Sinclair, Tanya Nepinak et Lorna Blacksmith, trois femmes autochtones.

La police de Winnipeg continue de chercher vendredi le corps de Tanya Nepinak.

La jeune femme a disparu en septembre dernier et la police croit qu'elle est décédée même si elle n'a toujours pas retrouvé sa dépouille.

Les recherches entreprises jeudi se poursuivent au centre-ville, mais cette fois aux environs de l'avenue Higgins, de la rue Main, de l'avenue Selkirk et de la voie de chemin de fer du CN.

Le corps de Carolyn Sinclair a été retrouvé en mars dans une poubelle derrière un immeuble à logements de l'avenue Notre-Dame, tandis que celui de Lorna Blacksmith a été découvert dans la cour d'une maison de la rue Simcoe la semaine dernière.

La police de Winnipeg travaille de concert avec des forces policières de l'Alberta, de l'Ontario et du Québec pour vérifier si l'homme aurait commis des crimes similaires dans ces provinces.

La famille de Tanya Nepinak dit ne pas être prise au sérieux

La soeur de Tanya Nepinak, Gail Nepinak, soutient que Shawn Lamb a confié à un membre de la famille que le corps se trouvait près d'une rivière.

Le père des deux enfants de Tanya Nepinak âgés de 10 et 15 ans, Vernon Mann, pense que les recherches devraient se concentrer près du pont Disraeli.

Il ajoute que la police ne prend pas en compte cette information et qu'un groupe de proches de la jeune femme a entrepris des recherches dans le secteur.

« On cherche par nous-mêmes. Mon fils participe aussi... Je ne peux pas imaginer ce qui arriverait si c'était lui qui retrouvait le corps de sa mère », explique-t-il.

La famille se plaint aussi que la police ne la tienne pas à jour sur les progrès de l'enquête.

La Commission Oppal en Colombie-Briatnnique

Une commission d'enquête provinciale en Colombie-Britannique (la Commission Oppal) se penche présentement sur les femmes disparues dans le quartier Downtown Eastside relativement à l'affaire Robert Pickton.

Le tueur Robert Pickton purge actuellement une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour les meurtres de six femmes.

Il s'était vanté en 2002 à un agent qui se faisait passer pour un codétenu d'avoir tué 49 femmes.

Plusieurs d'entre elles étaient autochtones.