Faits divers - La famille d'une dame affamée à l'hôpital Seven Oaks reçoit des excuses

La famille d'une patiente de 98 ans qui n'a pas été nourrie durant deux semaines par l'hôpital de Winnipeg où elle était soignée espère que les recommandations contenues dans l'enquête qu'a menée l'établissement seront suivies.

En août 2009, Anne Rostecki est morte à l'hôpital Seven Oaks de Winnipeg, où elle était soignée pour un accident vasculaire cérébral. Elle était incapable d'avaler et de se nourrir elle-même.

Admise le 18 juillet, Mme Rostecki aurait été nourrie à la cuillère en date du 21 juillet, selon des documents qu'a consultés sa fille, Rozalynde McKibbin.

Toutefois, Mme Rostecki aurait ensuite été étendue de tout son long pour la nuit, et la nourriture qu'elle avait ingérée se serait retrouvée dans son appareil respiratoire. La dame se serait étouffée et l'hôpital aurait été obligé de recourir à une procédure d'extraction, sans en avertir la famille.

« Sans que l'on ne le sache, mon frère et moi, elle allait être affamée pour les 14 jours et demi suivants », raconte Mme McKibbin.

Alimentée par un tube nasal après plusieurs jours

Cette dernière n'aurait appris que 10 jours plus tard que sa mère ne recevait aucune calorie, après avoir remarqué que « les os de son visage saillaient » et qu'elle maigrissait visiblement. Elle aurait alors questionné une infirmière qui lui aurait confirmé que sa mère était bel et bien infusée, mais pour des antidouleurs, des antibiotiques et des glucides, et non pour une nourriture calorique.

Mme Rostecki a commencé à être nourrie par voie nasale le 5 août, raconte sa fille, mais a tout de même été « débranchée » entre le 17 et le 19 août pour des examens. Le tube de nutrition n'aurait pas été replacé avant que la famille n'en fasse la remarque.

En outre, les documents médicaux qu'a consultés Mme McKibbin montreraient que la patiente n'a pu bénéficier d'un premier bain qu'au 36e jour de son hospitalisation, et ses cheveux n'auraient été lavés qu'au 42e jour.

Ce sont également les documents médicaux qui auraient appris à la famille que Mme Rostecki a souffert de plaies de lit au coccyx et au talon.

Anne Rostecki est morte le 31 août 2009.

Des excuses trois ans après les faits

« Qui sait [de quoi elle est morte] ? Eux disent qu'elle est morte doucement dans son sommeil », questionne Mme McKibbin.

Vendredi dernier, elle et son frère ont reçu les excuses en personne d'un représentant de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORWS), qui n'a toutefois pas précisé la raison pour laquelle ces excuses surviennent trois ans après les faits. Un défenseur des droits des patients a également pris part à cette rencontre.

De plus, l'ORWS a partagé certaines recommandations quant au traitement des aînés hospitalisés, incluant la consultation des membres de la famille sur les méthodes de nutrition des patients.

Seven Oaks impliqué dans une série d'incidents

L'établissement de santé du nord-ouest de Winnipeg a fait les manchettes à plusieurs reprises au cours des derniers mois, relativement à des allégations de négligence et d'erreurs médicales.

En janvier dernier, Heather Brenan, 68 ans, s'est effondrée au pas de sa porte et est morte par la suite après avoir été renvoyée chez elle par l'hôpital. Une autopsie a permis de déterminer qu'elle avait succombé à des caillots sanguins dans les jambes.

En mars 2011, Rick Campbell s'est rendu à l'hôpital Seven Oaks pour une chirurgie de deux heures sur sa jambe gauche, et les médecins lui ont ouvert la jambe droite. Il s'était adressé aux médias en mars 2012 après avoir entendu l'histoire de Mme Brenan.

Également en mars 2012, Steve Spence a été hospitalisé à Seven Oaks pour un caillot au cerveau. Il a été renvoyé chez lui après avoir été traité pour de l'anémie et a été terrassé par une attaque à son domicile. Il est maintenant paralysé et incapable de parler.