- Adoption de la loi sur l'immigration sur fond de mobilisation

Alors que des professionnels de la santé se mobilisent contre les réformes qui limiteront l'accès aux soins de santé aux réfugiés, le ministre de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, se félicite de l'adoption de la nouvelle loi sur le système d'immigration canadien.

Le ministre Jason Kenney accueille « avec satisfaction l'adoption définitive et la sanction royale de la loi qui protégera et améliorera le système d'immigration du Canada », a-t-il déclaré dans un communiqué.

M. Kenney a invoqué des raisons économiques pour expliquer les moratoires imposés à compter de maintenant sur les demandes d'immigration de travailleurs qualifiés et d'investisseurs. Selon lui, les délais d'attente, qui pouvaient aller jusqu'à huit ans, ne nuisaient pas seulement aux immigrants, mais aussi au Canada.

« À cause de ça, on a perdu la concurrence pour plusieurs des meilleurs immigrants potentiels parce qu'ils pouvaient entrer dans des pays comme la Nouvelle-Zélande et l'Australie dans un délai de quelques mois, » a-t-il affirmé en conférence de presse, vendredi.

La Loi prévoit en outre des réformes au système d'octroi de l'asile. « Ces modifications permettront d'offrir une protection plus rapidement aux personnes qui en ont réellement besoin, notamment en réduisant le temps nécessaire pour examiner et traiter une demande d'asile. »

Mobilisation pour l'accès aux soins de santé

Une disposition particulièrement controversée de cette loi stipule que, dès le 1er juillet, les réfugiés n'auront plus un accès gratuit au Programme fédéral de santé intérimaire. Ottawa ne remboursera donc plus leurs frais de soins de santé spécialisés, comme les médicaments jugés non urgents et les soins dentaires.

Des médecins, infirmières, professionnels paramédicaux et des patients de l'Hôpital de Montréal pour enfants ont lancé vendredi une campagne d'envoi de lettres afin d'exprimer leur opposition aux coupes prévues par le gouvernement fédéral dans le Programme fédéral de santé intérimaire. Dans un communiqué, ils affirment avoir recueilli plus de 800 signatures.

« Les réfugiés qui arrivent au Canada ont fui la guerre, la persécution, les menaces contre leur vie. Souvent, ils arrivent au pays avec peu ou pas de ressources. Comment pouvons-nous attendre d'eux qu'ils paient pour des médicaments, des vaccinations, ou une visite chez le médecin? » demande la Dre Micheline Ste-Marie, directrice des services professionnels à L'Hôpital de Montréal pour enfants.

Les médecins qui s'indignent des compressions dans les soins médicaux aux réfugiés ont reçu un appui de taille du ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc. Québec s'engage à couvrir temporairement les services qu'Ottawa cessera de rembourser.La ministre de la Santé ontarienne Deb Matthews a elle aussi imploré le ministre Kenney de revenir sur sa décision.