Santé - Traitement Zamboni : un médecin de Montréal soutient avoir obtenu des résultats impressionnants

Même si plusieurs études infirment l'hypothèse du Dr Zamboni, le célèbre chirurgien italien, un médecin de l'Institut de cardiologie de Montréal constate que le traitement a des résultats intéressants chez plusieurs patients.

Cette opération controversée suppose que la sclérose en plaques est causée par l'obstruction des veines du cou et qu'une angioplastie, un déblocage des veines, peut aider à en réduire les symptômes.

La thérapie par libération, ou l'angioplastie, n'est pas offerte au Canada, mais des patients se sont rendus dans d'autres pays afin de pouvoir la suivre, moyennant une somme d'environ 10 000 $.

Au total, l'hématologue assure le suivi de 141 personnes qui ont été opérées principalement en Europe de l'Est et aux États-Unis. « Les patients qui ont eu des complications à la suite d'une angioplastie ont tous eu un dénominateur : ils n'ont pas de suivi », déplore la chef du département d'hématologie de l'Institut de cardiologie de Montréal, la Dre Danielle Robitaille.

Ce médecin est d'ailleurs la seule hématologue au Canada à offrir un suivi des traitements post-Zamboni subis à l'étranger. Un suivi qu'elle considère comme étant essentiel pour assurer la santé des malades.

Résultats impressionnants

« Ce qui est assez extraordinaire, c'est que sur 141 patients, j'en ai 15 qui m'ont dit qu'ils avaient jeté leur argent par les fenêtres, dix qui ont eu une récidive et qui ont dû retourner pour une deuxième angioplastie, cinq patients ont refait des poussées de sclérose en plaques. Par contre, le reste des patients se sont dits améliorés », explique l'hématologue.

La Dr Robitaille ne souhaite pas donner de faux espoir aux malades, mais elle constate des progrès chez plusieurs de ses patients. « J'ai été témoin d'un certain nombre de cas de "lève-toi et marche"! J'ai vu une personne qui se promenait avec un déambulateur à la maison et qui est allée en Bulgarie pour recevoir cette procédure et deux semaines après, elle se mariait en souliers à talons hauts! », raconte-t-elle.

Hypothèse contestée

Plusieurs études mettent en doute l'hypothèse du Dr Zamboni, dont celle du Dr Albert Lamontagne, un neurologue sherbrookois. Cette étude n'a pas permis de corroborer l'hypothèse controversée du chirurgien vasculaire italien, qui soutient qu'une insuffisance vasculaire céphalorachidienne chronique est à l'origine de la sclérose en plaques.

Cet épaississement amènerait un reflux du sang vers le cerveau, où seraient déposés des dépôts ferreux, ce qui pourrait contribuer à déclencher la sclérose en plaques. Le Dr Zamboni a démontré une augmentation significative (de plus de 90 %) de reflux et de sténoses du système veineux chez les patients par rapport aux sujets normaux.

Selon les premières données obtenues par l'équipe du Dr Lamontagne, le responsable de l'étude sherbrookoise, entre 20 % et 30 % des gens atteints de sclérose en plaques présentaient un reflux. Toutefois, la même proportion a été constatée chez les gens n'ayant pas la maladie.

À l'heure actuelle, quatre grandes études sur le sujet sont en cours au Canada et trois autres aux États-Unis. Quelque 1300 personnes participent aux différentes recherches. Les résultats devraient être connus sous peu. « Ce qu'on peut dire aux malades, c'est que s'ils ne sont pas décidés, ils peuvent attendre les résultats de l'étude pancanadienne sur la question. »

En attendant, la Dr Danielle Robitaille commence à inspirer d'autres médecins au pays. Ces derniers pourraient aussi offrir un suivi aux patients qui reçoivent le traitement Zamboni à l'étranger.

Qu'est-ce que la sclérose en plaques?

La sclérose en plaques est une maladie imprévisible du système nerveux central, constitué du cerveau et de la moelle épinière. Le système immunitaire prend pour cible la myéline, soit la couche protectrice qui entoure les cellules du système nerveux central. Quelque 12 000 Québécois doivent vivre avec la sclérose en plaques.