Faits divers - L'affaire Charles Marion : 35 ans plus tard

Il y a 35 ans, le Québec entier avait les yeux tournés vers l'Estrie. Charles Marion, le directeur du crédit à la Caisse populaire Desjardins Sherbrooke-Est, était enlevé à son chalet de Stoke. Il sera séquestré pendant 82 jours, en faisant le plus long enlèvement de l'histoire au Canada.

C'en est suivi d'une vaste opération de recherche. Pas un coin de Sherbrooke et des environs n'a échappé aux fouilles de la Sûreté du Québec.

Le directeur de crédit de 57 ans demeure introuvable. Il le restera pendant 82 jours. Deux mois et demi dans la noirceur la plus totale, enchaîné au fond d'un trou dans un boisé de Gould, à environ 50 km de Sherbrooke. Avec pour se tenir au chaud, du gin à volonté.

Ses ravisseurs exigent une rançon d'un million de dollars. Au 46e jour, la famille reçoit un enregistrement. « Je suis malheureux, terriblement malheureux. Vous ne pouvez savoir à quel point. Je veux sortir en vie absolument. Je veux vous voir. Faites l'impossible pour que je vous voie », avait dit Charles Marion.

Deux tentatives de remises de rançon échouent. Dont une où la Sûreté du Québec avait remplacé les billets de banque par du carton.

À cette même période, Charles Marion est soupçonné d'être impliqué dans son propre enlèvement. « La SQ, même avant le premier drop de Saint-Gérard, avait commencé à penser qu'il pouvait être dans le coup. Donc, ils avaient conseillé Desjardins de ne pas payer la rançon », explique Yvon Béchard, un collègue de Charles Marion et témoin des événements.

La famille a amassé une rançon de 50 000 $. Charles Marion sera finalement libéré le 27 octobre 1977, près de l'Aéroport de Sherbrooke.

Les ravisseurs seront arrêtés plusieurs mois plus tard et écopent de trois à douze ans de prison, mais cela ne redonnera pas la paix d'esprit à Charles Marion.

En 1999, 22 ans après les tristes évènements, Charles Marion s'est enlevé la vie dans sa maison de Stoke, là même où tout avait commencé.