Politique régionale - Est-du-Québec : conservateurs vs conservateurs

D'anciens députés progressistes conservateurs de la région s'insurgent contre de récentes décisions du gouvernement Harper. Ils l'avouent. Ils ne se reconnaissent plus dans leur ancien parti.

Ces ex-députés de l'ère Mulroney, Monique Vézina, André Plourde et Charles Langlois, affirment tous qu'ils ne se présenteraient pas sous la bannière conservatrice.

Ancienne ministre et ex-députée de Rimouski, Monique Vézina reproche au gouvernement Harper de faire fi des différences entre villes et régions.

Elle estime qu'Ottawa veut imposer aux régions les mêmes politiques qu'aux grandes villes. André Plourde, qui représentait à l'époque Kamouraska-Rivière-du-Loup, est encore plus tranchant. « On pense qu'ils voudraient quasiment fermer nos régions pour amener tout ça dans les grands centres », commente l'ex-député.

Les anciens parlementaires dénoncent surtout les changements prévus à l'assurance-emploi. « Je suis certaine que toutes les pratiques, qui sont dans le programme de changement du gouvernement Harper sur le plan de l'emploi, sont des pratiques qui sont impraticables », soutient Mme Vézina.

Ex-élu député progressiste-conservateur dans Manicouagan, Charles Langois, croit que les nouvelles législations sur le chômage et l'environnement touchent à des valeurs fondamentales. « Ça ne peut pas passer tel quel », s'étonne M. Langlois. Il considère que le mot « progressiste » longtemps associé aux conservateurs du Canada est définitivement parti. « C'est conservateur et c'est conservateur pour vrai là », ajoute l'ancien député de Manicouagan.

André Plourde, l'attitude du gouvernement conservateur pourrait mener à un durcissement des positions indépendantistes. « L'indépendance du Québec, ce ne sera pas par le Parti québécois ou les bloquistes qui vont la faire, c'est Harper qui est en train de la faire maintenant », lance M. Plourde.

L'ex-député a complètement coupé les ponts avec son ancien parti. Idem, pour son ancien collègue de Gaspé, Charles Eugème Marin, qui a milité pour le NPD à la dernière élection.