Détention au Liban - L'agriculteur Henk Tepper lance des reproches à Ottawa

L'agriculteur néo-brunswickois Henk Tepper, qui est resté emprisonné plus d'un an au Liban, affirme que le gouvernement fédéral l'a laissé tomber au moment où il avait besoin d'une intervention diplomatique.

Dans une entrevue accordée à CBC, le fermier originaire de Drummond affirme qu'il n'y a aucun lien entre sa libération et le gouvernement du Canada. Il a été libéré en vertu d'un décret présidentiel du Liban.

M. Tepper était détenu dans une cellule du palais de justice de Beyrouth parce qu'il était accusé d'avoir tenté d'exporter en Algérie des pommes de terre avariées, en 2007. M. Tepper précise qu'il partageait cette cellule avec deux douzaines de détenus, et qu'il recevait peu de visites du personnel de l'ambassade canadienne.

Henk Tepper affirme que le consul du Canada était présent lorsqu'un juge a expliqué ce qu'il fallait faire, et que rien n'a été fait. Il affirme qu'on lui a dit qu'il devait être extradé en Algérie pour y subir un procès.

Pendant ses 373 jours de détention, sa famille et ses amis demandaient au Canada de l'aider. Sa soeur, Harmein Dionne, dit qu'elle a rédigé une cinquantaine de lettres au gouvernement sans recevoir d'engagement ferme de la part d'Ottawa.

Henk Tepper ajoute qu'il a vu des détenus jordaniens recevoir de l'aide de représentants de leur ambassade. Il croit aussi que les autorités libanaises étaient disposées à l'aider à rentrer au Canada.

Il soutient qu'il ne doit rien à Ottawa. « Ils n'ont rien fait pour m'aider à sortir de prison », lance-t-il.

Ottawa se défend

Le gouvernement du Canada affirme qu'il faisait de son mieux pour offrir de l'aide, mais qu'il ne pouvait intervenir dans les affaires judiciaires d'un autre pays.

Diane Ablonczy, ministre d'État des Affaires étrangères, affirme que des diplomates canadiens discutaient avec les autorités libanaises dès le début pour aider M. Tepper. Elle explique qu'il fallait attendre de voir comment les choses progressaient avant d'augmenter les efforts diplomatiques.

Henk Tepper n'est pas au bout de ses peines

L'avis d'Interpol qui a mené à sa détention au Liban est toujours en vigueur, avec une menace de cinq ans de détention.

L'agriculteur nie catégoriquement avoir tenté de vendre des pommes de terre avariées en Algérie. Le gouvernement algérien l'accuse également d'avoir falsifié des documents. M. Tepper soutient qu'il n'a jamais fait cela.

Henk Tepper lutte pour sauver son entreprise, qui est endettée de quelque 11 millions de dollars.