Industrie minière - Uranium : début des audiences publiques dans le Nord-du-Québec

Les audiences publiques de la Commission canadienne de sûreté nucléaire sur l'exploration d'uranium au projet Matoush ont débuté mardi dans la communauté crie de Mistissini. Elles se poursuivront jeudi à Chibougamau.

L'entreprise montréalaise Strateco prévoit creuser une rampe d'exploration souterraine pour exploiter de l'uranium sur les monts Otish, à 275 km au nord de Chibougamau.

Pour le moment, l'entreprise souhaite obtenir un permis pour explorer sous terre, et non pas pour ouvrir une mine. Elle possède déjà un gisement de 453 000 tonnes d'uranium, mais elle ne prévoit l'exploiter qu'en 2016.

Le ministre fédéral de l'Environnement, Peter Kent, a déjà donné son accord à la phase souterraine du projet.

Opposition et appuis

La Commission canadienne de sûreté nucléaire a reçu 89 mémoires, dont la grande majorité s'oppose au projet.

La communauté crie de Mistissini, notamment, ne veut pas d'exploration d'uranium sur son territoire. Entre 250 et 300 personnes ont marché dans les rues de la communauté, lundi, pour démontrer leur opposition. « Le territoire de chasse de mon père se trouve juste en bas de la montagne et je veux le protéger parce que mon père vit dans le bois toute l'année », explique l'un des participants à la marche.

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! s'oppose elle aussi à l'exploration d'uranium et a déposé un mémoire. Son porte-parole, Ugo Lapointe, explique que la coalition demande un moratoire sur les mines d'uranium depuis au moins deux ans : « Les gens ont des craintes par rapport aux déchets miniers radioactifs qui sont laissés derrière. »

Le projet de l'entreprise Strateco est mieux accueilli à Chibougamau. « L'uranium, ce n'est plus comme avant », affirme un résident. « Ça donnerait du travail aux gens de la place », ajoute-t-il.