Session parlementaire - Jean Charest se dit satisfait de la session

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dressé un bilan positif de l'action de son gouvernement lors de la session parlementaire qui vient de s'achever à l'Assemblée nationale, une conclusion contestée par ses adversaires, notamment en raison de la crise étudiante qui a secoué le Québec au cours des derniers mois.

M. Charest a surtout vanté les réalisations économiques de son gouvernement. Il a notamment parlé de la création de 80 000 emplois au Québec au cours des six derniers mois. Il a également avancé que 80 000 personnes ont quitté les listes de l'aide sociale.

M. Charest a rappelé que lors des quatre dernières années, le Québec a connu un taux de croissance de 4,7 %, alors que l'Ontario est à 1,1 % et le Canada, à 3,5 %. M. Charest a estimé qu'avec ces chiffres, son gouvernement a tenu ses engagements pris en 2008.

Mais après la succession de chiffres « positifs », M. Charest a été amené à s'exprimer sur le conflit étudiant, qui perdure depuis près de quatre mois.

Il a commencé son argumentation en répétant que 70 % des étudiants ont décidé de se présenter à leurs cours. Il a ensuite énuméré les « gestes » posés par son gouvernement qui ont été rejetés par les associations étudiantes. « La main tendue » a été repoussée, a-t-il dit.

Selon lui, les représentants n'ont pas été en mesure de faire des compromis durant les négociations.

Il a estimé que les étudiants ne se sont pas attaqués au gouvernement seulement, mais « aux Québécois », citant l'exemple de la perturbation du Grand Prix du Canada.

« Pauline Marois a plié l'échine », dit Charest

M. Charest n'a pas manqué d'attaquer la chef du Parti québécois Pauline Marois sur le conflit étudiant. Le premier ministre a entre autres affirmé que les universités se sont retrouvées dans une situation de sous-financement après les coupes opérées par les gouvernements du PQ auxquels appartenait Mme Marois.

M. Charest a aussi estimé que Pauline Marois ne contrôlait pas son parti, et que c'était, au contraire, son parti la contrôlait. Selon lui, la chef de l'opposition a plié devant l'intransigeance des « extrémistes souverainistes » de son parti et « l'extrême gauche ». « Elle prend l'engagement de tenir un référendum le plus vite possible », a-t-il argué.

En ce qui concerne les projets de loi qui n'ont pas été adoptés par l'Assemblée nationale, M. Charest a accusé le PQ de pratiquer un blocage idéologique.

Enfin, sur l'éventuel déclenchement d'élections, M. Charest a répété que le scrutin aura lieu dans les 18 prochains mois sans donner de date.

Une session notamment rythmée par la crise étudiante

La dernière session parlementaire a été marquée de façon quotidienne par l'impasse dans le dossier des droits de scolarité, comme n'ont pas manqué de le souligner la Parti québécois, Coalition avenir Québec et Québec solidaire lors de leurs propre bilans de session.

Conforté dans sa position par l'appui de l'opinion publique sur ce conflit, le gouvernement est resté ferme.

Le premier ministre n'en a pas moins perdu sa ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, qui a démissionné à la mi-mai, pendant que se poursuivaient les manifestations quotidiennes des étudiants et que plusieurs citoyens se joignaient à ce mouvement d'opposition au son de leurs casseroles.

Jour après jour, l'opposition a critiqué l'attitude du gouvernement. La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a martelé que le premier ministre avait même refusé de rencontrer les représentants des associations étudiantes.

Censée mettre un terme au conflit, la loi 78, qui restreint le droit de manifester en plus d'avoir mis un terme à la session, n'a pas incité les étudiants à rentrer dans le rang. « Ce n'est pas en suspendant la session qu'on suspend la crise », avait alors commenté l'ex-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

La loi controversée est même contestée en cours. Les associations étudiantes, mais aussi 70 associations syndicales, communautaires et environnementales ont déposé deux requêtes visant à contester la loi spéciale, qu'ils jugent anticonstitutionnelle.

Les derniers mois ont semblé rejeter à l'arrière-plan une autre controverse qui a marqué le début de la dernière session - mais aussi les dernières années: les allégations de corruption dans l'industrie de la construction.

Le sujet a cependant rebondi dans l'actualité à la fin de la session. Amorcées la semaine dernière, les audiences de la Commission Charbonneau, n'ont pas jusqu'ici donné lieu à des témoignages explosifs ou à de grandes révélations qui auraient pu nuire au gouvernement. Toutefois, l'ex-patron de l'Unité anticollusion (UAC) à Transports Québec, Jacques Duchesneau, a donné le ton, rappelant les points saillants du rapport accablant qu'il avait déposé en septembre 2011.

L'ancien policier n'a pas été tendre à l'endroit du gouvernement, reprochant au ministre Sam Hamad, anciennement aux Transports, un manque d'intérêt pour les conclusions soulevées. Il a même révélé au cours de son témoignage que c'est lui qui avait divulgué le rapport final à une journaliste parce qu'il craignait qu'il ne soit « tabletté ».

Au cours de la dernière session, le Plan Nord, grande priorité du gouvernement Charest, a lui aussi fait l'objet d'attaques, certains groupes ainsi que l'opposition critiquant le régime de redevances, jugé trop favorable aux minières et compagnies étrangères. En août, une étude du Mouvement Desjardins concluait en outre que les retombées économiques de ce grand chantier ne seraient pas suffisantes pour redresser les finances publiques.