
Le 25 décembre dernier, le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab tentait de faire exploser un avion commercial entre Amsterdam et Détroit. Il avait caché ses explosifs liquides dans ses sous-vêtements, dans un condom. Plutôt que d'exploser, les substances mélangées ont brûlé le Nigérian qui a été maîtrisé par les passagers et arrêté.
Le 4 janvier, je revenais à Los Angeles après 12 jours auprès de ma famille au Québec. Notre vol pour Los Angeles décollait à 8 h 10 lundi matin. Inquiets des nouvelles mesures de sécurité à la suite de cet attentat raté, nous sommes arrivés à l'aéroport à 5 h 20, soit trois heures à l'avance.
Les informations sur les restrictions entourant la sécurité des vols en direction des États-Unis n'étaient pas claires. La Transportation Security Administration (TSA) ne rapportait aucun changement dans le nombre de bagages à apporter en cabine. Par contre, Air Canada disait qu'un seul bagage à main était permis à bord de ses appareils. Transport Canada mentionnait que seuls les articles de photographies, les ordinateurs portables et les sacs à main étaient tolérés à bord des avions quittant le Canada. Un peu perplexe, j'ai cru que je pourrais apporter mon sac avec mon ordinateur portable et mon petit sac à main contenant mon porte-feuille, mon calepin et mon crayon.
En arrivant au terminal pour les États-Unis à l'aéroport de Montréal, on a vite compris que c'était le chaos. La file pour enregistrer les bagages remplissait le hall du terminal. Des employés d'Air Canada criaient des villes dont les vols risquaient de partir sans les passagers. À 6 h 30, après 1 h 15 d'attente dans la file, le vol pour Los Angeles était devenu une priorité et c'est ainsi qu'on a pu enregistrer nos bagages en cinq minutes.
Air Canada avait définitivement perdu le contrôle de la situation. La compagnie manquait visiblement de personnel en ce matin du 4 janvier. Contrairement à ce que disait TSA et Transport Canada, je n'avais pas le droit à deux sacs. C'était la confusion dans le terminal pour les États-Unis à l'aéroport de Montréal.
Ironiquement, le processus de sécurité à proprement dit a été la plus rapide de toutes les étapes. Mais une fois derrière les grands panneaux de verre, le cauchemar de la file d'immigration interminable nous fait douter. L'embarquement de notre vol commençait dans 30 minutes...
Devant nous à l'immigration, des gens transportaient leur ordinateur portable sous le bras, d'autres avaient des sacs de plastique contenant leurs effets personnels qu'ils voulaient emporter dans l'avion.
Des employés de l'aéroport tentaient de repérer les passagers qui risquaient de manquer leur vol. On les faisait passer devant tout le monde pour accélérer le processus. Mais certains ont eu ce traitement de faveur sans risquer de manquer leur vol. Halle Berry, son copain montréalais Gabriel Aubry et leur petite Nahla ont été escortés par la police de Montréal jusqu'au début de la file d'immigration.
Il est 8 heures lorsque nous réussissons enfin à passer l'immigration. Il ne reste que quelques minutes avant que l'avion ne décolle. On passe un autre contrôle et on entre dans la section qui mène aux portes d'embarquement. À notre grande surprise, une longue file se dessine. C'est la fouille, encore...
Cette fois, la fouille vise à repérer des objets pouvant être menaçants, comme un condom rempli d'explosif. On tâte partout : dans les cheveux, sur les vêtements, dans le cou, autour de la ceinture... On sort tout le contenu des sacs, allume les ordinateurs.
Après cette fouille un peu perturbante, je cours à la porte d'embarquement. Il est 8 h 08. Le personnel d'Air Canada nous rappelle qu'on est en retard et que c'est notre responsabilité d'arriver à l'avance pour passer la sécurité... Je n'en croyais pas mes oreilles.
L'avion attendait quatre passagers pour décoller, dont nous. Quelques minutes plus tard, l'avion passe au dégivrage et on décolle. On est quand même arrivé 25 minutes à l'avance à Los Angeles, mais complètement épuisés.
En arrivant à Los Angeles, le plus comique de cette histoire, c'était de voir défiler les petits bagages, les sacs à main et autres sacs à poignées sur le convoyeur.
Après de 25 décembre 2009, une autre campagne de peur vient de commencer aux États-Unis. Elle relancera peut-être l'économie en faisant travailler des gardes de sécurité et des agents d'immigration à l'aéroport en plus de permettre le développement et l'acquisition d'appareils de détection de haute technologie. Mais avec l'expérience de trois heures d'un processus d'enregistrement à l'aéroport de Montréal en direction des États-Unis le 4 janvier, je parie que le tourisme vers les États-Unis sera en chute libre. Rien pour aider le besoin criant d'ouverture dont les États-Unis ont vraiment besoin.
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Vous devez voyager aux États-Unis dans les prochaines semaines, dans les prochains mois? Voici quelques conseils:
- Arrivez au moins trois heures à l'avance.
- N'apportez rien en cabine.
- Videz vos poches avant d'enregistrer vos bagages.
- Mangez avant de partir.
- Ayez l'esprit prêt à affronter frustrations et négativité.
- Soyez reposé et patient.
- Et si vous n'avez pas tous ces éléments : ne voyagez pas aux États-Unis!



