Manif de la CLASSE à Montréal

Peter McCabe / La Presse Canadienne

MONTRÉAL - Après quelques semaines d'accalmie, le centre-ville de Montréal a une fois de plus été le théâtre du mécontentent des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité.

Quelque 200 manifestants associés à la CLASSE se sont rendus mercredi midi devant l'édifice d'Hydro-Québec sur le boulevard René-Lévesque, sans que leur itinéraire ne soit fourni à l'avance aux policiers.

Ils arrivaient du Square-Phillips, ayant parcouru une bonne partie du trajet au pas de course.

«Pour nous, c'est important de continuer la mobilisation», a expliqué la coporte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds, peu avant le départ de la manifestation. «Ce n'est pas parce qu'il y a des élections qu'il faut s'arrêter parce que c'est une forme de démocratie, la prise de parole, la mobilisation citoyenne. Il faut continuer la mobilisation sur le terrain.»

Les étudiants, qui s'étaient d'abord massés devant le siège social de la société d'État, ont ensuite tenté de bloquer toutes les entrées de l'édifice alors que plusieurs employés étaient en pause pour l'heure du lunch.

En ciblant Hydro-Québec, les étudiants ont dénoncé les hausses de tarif des dernières années. D'ailleurs, aucun slogan ne visant spécifiquement la hausse des frais de scolarité n'a été entendu, le discours portant dans l'ensemble sur des dénonciations de la Loi 12 (qui met en vigueur le projet de loi 78), du capitalisme et de la marchandisation des échanges humains ainsi que sur la lutte des classes.

En haranguant les troupes devant l'édifice du boulevard René-Lévesque, Mme Reynolds les a enjoints de ne pas se fier aux propos des commentateurs politiques: «On a dit beaucoup ces temps-ci que si on poursuit la grève, si on continue à faire des actions et des manifestations., on va donner des munitions au Parti libéral. Vous savez quoi? Les seules munitions qu'on peut donner aux partis politiques c'est de se taire et de ne rien faire», a-t-elle lancé sous un tonnerre d'applaudissements.

La manifestation avait rapidement été déclarée illégale, des pavés ayant été lancés à des policiers.

L'escouade anti-émeute est intervenue moins d'une heure après l'arrivée des manifestants à Hydro-Québec, appelant ceux-ci à se disperser. Les manoeuvres des forces de l'ordre ont toutefois provoqué une nouvelle course dans les rues du centre-ville, les policiers tentant sans trop de succès de cerner les manifestants.

Le tout a pris fin en début d'après-midi sans qu'aucune arrestation n'ait lieu. Le Service de police de la Ville de Montréal rapportait, tout au plus, quelques méfaits.

Pendant ce temps, des votes de maintien ou de reconduction de la grève ont lieu dans divers établissements. Des votes en faveur de la grève avec des taux de participation inférieurs à 10 pour cent dans deux facultés universitaires ont notamment suscité de nombreuses questions que la porte-parole de la CLASSE a écartées du revers de la main.

«Tous les étudiants sont au courant de ces assemblées et peuvent se présenter. S'il y a des gens qui se sentent lésés dans les associations étudiantes, qui trouvent qu'il n'y avait pas assez de gens, il existe des procédures pour contester et pour reconsidérer le vote», a déclaré Mme Reynolds.

Elle a par ailleurs précisé que, même si la CLASSE ne donnera pas de mot d'ordre de voter en faveur ou non de la poursuite de la grève, ceux qui choisiront de le faire pourront compter sur son appui.

«Si les associations étudiantes décident de bloquer les collèges, faire des piquets de grève, évidemment qu'on va aller les aider là-dedans parce qu'on a déjà appelé à défier la Loi 12.»