- Loi spéciale : les fédérations étudiantes promettent de poursuivre la lutte

Les fédérations étudiantes ont vertement dénoncé l'adoption de la loi spéciale visant à mettre fin à la grève étudiante, mais soutiennent que leur combat n'est pas terminé.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, et la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, ont fait part de leur frustration, parlant d'un triste jour pour la démocratie, tout en promettant de continuer à se battre contre la hausse des droits de scolarité.

Selon elle, le gouvernement a cherché une confrontation avec la jeunesse québécoise. « Le gouvernement a perdu près de 190 millions de dollars depuis le début du conflit, soit 20 millions de plus que ce que va rapporter la hausse des droits de scolarité dans les prochaines années », a-t-elle dit.

Mme Desjardins a soutenu que la loi venait éteindre le pouvoir des associations étudiantes, en sanctionnant de façon démesurée celles qui seront liées à d'éventuelles contestations étudiantes.

« La loi déposée met à mal le droit démocratique de manifester pour l'ensemble de la population », a dit de son côté Léo Bureau-Blouin, qui a précisé que la FECQ déposera un recours en nullité ce mardi.

« Nous allons prendre le temps d'explique à nos membres le contenu de la loi spéciale et demander l'avis de nos conseillers juridiques. On va adopter un plan de match précis, qui sera révélé au cours de la semaine prochaine ».

M. Bureau-Blouin a précisé qu'aucune manifestation n'était prévue au cours de la fin de semaine.

Par ailleurs, M. Léo Bureau-Blouin a fait un bilan du mouvement, se disant surpris par l'ampleur de la mobilisation et la ténacité des membres de sa fédération.

« Je veux m'adresser aux membres, aux étudiants qui se mobilisent depuis 15 semaines. Il y a de quoi être fier d'avoir créé un des plus grands mouvements sociaux et de contestation dans l'histoire du Québec. D'avoir démontré à ces vieux guerriers de la politique qu'une génération qu'on disait apathique pouvait se mobiliser pour exprimer son ras-le-bol ».

Lisez notre article sur les principales mesures prévues par la loi spéciale.

« Un meurtre de ce qu'est le Québec », dit la CLASSE

De son côté, le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a dénoncé l'adoption de la loi, parlant d'un « recul social majeur ».

Même avec les amendements apportés à la loi spéciale, M. Nadeau-Dubois soutient qu'elle est encore « injuste, arbitraire et inconstitutionnelle ». Il a répété que la CLASSE allait contester la loi devant les tribunaux.

Gabriel Nadeau-Dubois a de nouveau lancé un appel à la mobilisation des citoyens pour une grande manifestation le 22 mai à Montréal.

« La seule chose qui nous reste, c'est la mobilisation et c'est l'appel qu'on lance aujourd'hui », a-t-il indiqué.

Comme il l'avait fait plus tôt vendredi, Gabriel Nadeau-Dubois a réaffirmé que la CLASSE n'excluait pas de lancer un appel à la désobéissance civile. La CLASSE va décider de la suite des choses lors de son congrès en fin de semaine. « Il va falloir une réponse d'exception à cette loi d'exception », a-t-il lancé.

Plus tôt, la chef péquiste, Pauline Marois, a dénoncé l'adoption de la loi spéciale, qu'elle qualifie d'« abusive ».

Loi 78 (version amendée)