- La rencontre Harper-Mulroney suscite plusieurs réactions politiques

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, se réjouit que les conservateurs fédéraux s'inquiètent d'une éventuelle victoire péquiste aux prochaines élections provinciales.

De passage en Mauricie, samedi, Pauline Marois a commenté le fait que le premier ministre Stephen Harper ait rencontré l'ex-premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney pour discuter de la possibilité de voir le Parti québécois à la tête du prochain gouvernement du Québec.

Mme Marois s'est dite heureuse de constater que le premier ministre du Canada, Stephen Harper, est un homme réaliste. « C'est un bon signe. Il se prépare à notre venue. Moi j'apprécie qu'un premier ministre, avec qui on a souvent des désaccords, au moins soit capable d'évaluer la situation. Alors j'apprécie ça », a-t-elle lancé en point de presse.

Elle estime que le fait de prendre le pouls de Brian Mulroney sur la situation est un bon choix, car l'ex-premier ministre « connaît très bien le Québec ». Elle a rappelé que M. Mulroney « a tout de même fait un effort honnête pour ramener le Québec dans le giron constitutionnel, [étant] même capable d'aller chercher une majorité au Québec, c'est sûrement mieux que M. Harper », a-t-elle conclu.

La rencontre Harper-Mulroney a aussi suscité les réactions des adversaires des conservateurs. Ainsi, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, doute de la réelle volonté de M. Harper de s'intéresser au Québec.

Il a indiqué que « chaque fois » que le premier ministre canadien a eu la chance de faire des gestes qui témoignent de la reconnaissance du Québec comme nation, « il a dit non ». M. Mulcair a ajouté qu'il laisserait « M. Harper prendre des conseils où il peut » mais a ajouté que le premier ministre « devra désormais vivre avec les conséquences de ses gestes, car il a non seulement dit non au Québec, mais aussi à l'ensemble des francophones du Canada ».

Sur la « nation »

En 2006, une motion conservatrice affirmant que les Québécois forment « une nation dans un Canada uni » avait été adoptée à la Chambre des communes, avec l'appui du NPD, du Bloc québécois et d'une majorité des députés libéraux.

Le premier ministre Harper avait précisé à l'époque que les Québécois ne formaient pas une nation indépendante du Canada. « La réponse est non et sera toujours non », avait-il dit.

Pour sa part, le député libéral Marc Garneau a eu ce commentaire : « C'est strictement parce que M. Harper s'aperçoit que lui-même (et son parti) est en baisse au Québec. »

M. Harper a rencontré l'ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney, la semaine dernière, dans un hôtel de Montréal, pour discuter d'une éventuelle victoire péquiste au Québec. Stephen Harper aurait aussi téléphoné au premier ministre du Québec, Jean Charest.

La discussion entre MM. Harper et Mulroney reflète le niveau de préoccupation d'Ottawa par rapport au Québec pour forcer une telle réconciliation.

Le gouvernement Harper avait coupé les ponts avec Brian Mulroney il y a cinq ans, dans la foulée de l'affaire du lobbyiste Karlheinz Schreiber.