- Jean Charest doit participer à la rencontre avec les étudiants, dit Pauline Marois

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont tous deux formulé leurs demandes au gouvernement Charest par rapport à la rencontre prévue ce soir entre la nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et les leaders étudiants. Les deux formations exhortent le premier ministre Jean Charest à prendre part à l'entretien, mais les lignes de conduite qu'elles mettent de l'avant sont toutefois fort différentes.

Le premier ministre doit « s'engager dans une véritable négociation où chacun va être gagnant-gagnant », a lancé au cours d'un point de presse la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, arborant son carré rouge. « C'est au premier ministre de trouver une sortie de crise », a-t-elle soutenu.

Aussitôt nommée, hier, la successeure de Line Beauchamp a convoqué les leaders de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ) à Québec.

En après-midi, Mme Courchesne devait aussi rencontrer les dirigeants de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) et de la Fédération des cégeps.

« Il n'y aurait pas eu un tel conflit si j'avais été première ministre du Québec », a-t-elle affirmé, critiquant un « gouvernement en déroute » et une « hausse démesurée ». Déplorant le climat de tension qui marque un conflit qui en est à sa 14e semaine, elle a qualifié la situation de « véritable gâchis » et de « situation désastreuse » et jugé impératif de « sortir de l'impasse ».

Le carré blanc fait son apparition à l'Assemblée nationale

La députée indépendante Lisette Lapointe affiche désormais le carré blanc, symbole d'une trêve dans le conflit. Derrière cette initiative du carré blanc, des parents ont proposé un moratoire, le temps de faire des états généraux sur l'accessibilité aux études. Les députés du Parti québécois ainsi qu'Amir Khadir, de Québec solidaire, portent depuis plusieurs semaines le carré rouge.

La CAQ prône la ligne dure

Pour le chef de la CAQ, François Legault, le gouvernement doit plutôt faire du retour en classe de ceux qui veulent y retourner une priorité. Le respect des injonctions doit être une condition sine qua non à toute nouvelle discussion avec l'État, a argué M. Legault en point de presse.

Dès le début de la rencontre, estime-t-il, la ministre de l'Éducation doit obtenir des leaders étudiants un engagement ferme à assurer le libre accès des établissements.

Sinon, les policiers devraient selon lui pouvoir « prendre tous les moyens nécessaires » pour faire respecter les injonctions. S'il a déploré les scènes survenues au Collège Lionel-Groulx, il a du même souffle livré un plaidoyer en faveur du respect de la loi.

À son avis, la tolérance à leur égard pourrait convaincre d'autres « groupes de pression » de défier à leur tour les lois. La classe politique doit parler d'une seule voix pour défendre le droit des étudiants de retourner suivre leurs cours, a-t-il affirmé, invitant Pauline Marois à se ranger derrière le gouvernement pour que la loi soit respectée.

François Legault « devrait plutôt faire un appel au calme plutôt que de jeter de l'huile sur le feu », a estimé Pauline Marois. « La ligne dure va-t-elle permettre de sortir de l'impasse? », a-t-elle demandé, estimant que cela avait plutôt pour effer d'exacerber les tensions. [...] Ça va prendre combien de policiers devant combien de cégeps? »

Les entreprises doivent faire leur part, dit Québec solidaire

Le coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, s'est lui aussi adressé aux médias pour faire part de ses solutions, indiquant qu'il devait avoir un entretien téléphonique avec la ministre Courchesne avant la fin de l'après-midi.

Pour améliorer le financement des universités, il est possible de « trouver des moyens plus judicieux » que la hausse des frais de scolarité proposée par le gouvernement, a-t-il argué.

« Le gouvernement a la marge de manoeuvre pour suspendre la hausse des frais de scolarité en faisant contribuer tout le monde à sa juste part. Et tout le monde, ça doit inclure les entreprises, notamment les banques et les entreprises financières », a-t-il soutenu. Évoquant les bénéfices nets de 66 miliards qu'elles ont réalisé entre 2006 et 2010, il a proposé de rétablir la taxe sur le crédit des entreprises financières.

Nommant en exemple Tony Accurso, il a aussi suggéré de revoir les règles fiscales qui permettent aux entreprises d'échapper à l'impôt grâce à des « pratiques parfaitement immorales malheureusement parfaitement légales ».

Le gouvernement a l'occasion de « restorer sa crébilité », entachée par de « multiples allégations de trop grande proximité avec les milieux d'affaires », a-t-il dit.