Mis à jour le: 12 avril 2013 11:57 | par Lia Lévesque, La Presse Canadienne, thecanadianpress.com

Heures d'ouverture des GMF: Hébert prêt à sévir



MONTRÉAL - Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, se dit prêt à retirer la subvention aux Groupes de médecine familiale qui ne respectent pas leur obligation de dispenser des services les soirs et les fins de semaine.

«Il y a 43 pour cent des Groupes de médecine familiale qui n'atteignent pas la cible des inscriptions et il y a 40 pour cent des Groupes de médecine familiale qui n'ouvrent pas le soir et les fins de semaine. Ça va faire là! On paie pour ça!» a lancé le ministre de la Santé.

Interrogé vendredi à Montréal, après qu'il eut participé à la conférence nationale Pour vaincre le cancer, le ministre s'est dit préoccupé par le fait que certains GMF touchent la subvention du ministère, mais ne s'acquittent pas toujours de leur obligation d'ouvrir leurs portes les soirs et les fins de semaine, afin d'accroître l'accessibilité pour les citoyens.

«On est prêt à retirer le contrat de GMF. Si les gens ne respectent pas le contrat, écoutez, il faut prendre les décisions qui s'imposent. On paie pour les GMF, entre 400 000 $ et 500 000 $ par GMF. Et on est en droit de s'attendre à ce que les termes du contrat soient respectés», a plaidé le ministre, qui a rencontré les médias après son allocution.

Le but de ces Groupes de médecine familiale, lorsqu'ils ont été implantés en 2002, était justement d'accroître l'accessibilité aux soins de première ligne, plus particulièrement aux médecins de famille, pour l'ensemble des Québécois. Le concept de ces GMF est de regrouper plusieurs médecins généralistes, de leur adjoindre d'autres professionnels comme des infirmières ou des travailleurs sociaux, de façon à assurer un meilleur suivi des patients et d'accroître l'accessibilité aux soins.

Le ministre Hébert a précisé qu'une quarantaine de GMF verront prochainement leur contrat avec le ministère renouvelé et que la question des heures d'ouverture sera alors discutée.

«Pour ceux qui ne se conforment pas à leur contrat, il y aura une année de grâce pour qu'ils puissent répondre à leur contrat en termes d'inscriptions et en termes d'ouverture les soirs et les fins de semaine. Mais si après un an ils n'ont pas corrigé la situation, bien on va demander à un autre groupe de prendre la relève.»

Quand on lui a souligné que s'il supprime la subvention, il pourrait se retrouver à réduire l'accessibilité, le ministre a eu cette réponse: «Est-ce que le public est prêt à payer pour ne pas avoir accès? C'est ça la grande question. Le public est prêt à payer, mais pour avoir accès. S'ils ne donnent pas accès, on retire les fonds; c'est aussi simple que ça», a-t-il lancé.

Il existe 256 Groupes de médecine familiale au Québec à l'heure actuelle. L'objectif initial était d'en implanter 300.

«Moi, l'objectif de 300, ce n'est pas la bible, ça. Moi, mon objectif, c'est que les citoyens du Québec aient accès à un médecin de famille. Si on n'atteint pas 300 parce qu'il y a un certain nombre qu'on est obligé de retirer, ça ne m'empêchera pas de dormir. L'important, pour moi, c'est que les gens aient accès à un médecin de famille et aient accès à des services les soirs et les fins de semaine, comme c'est prévu dans les contrats de GMF», a affirmé le ministre Hébert.

Son message est clair: «il faut mettre un petit peu de rigueur là-dedans; il faut faire le ménage».

Réaction des omnipraticiens

Joint au téléphone, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le docteur Louis Godin, a jugé lui aussi qu'il était temps de revoir le cadre d'exercice des GMF, dix ans après leur implantation. «Il y a peut-être des choses à changer là-dedans», a-t-il concédé.

Il trouve toutefois exagéré de prétendre que 40 pour cent des GMF ne respectent pas leur contrat quant aux heures d'ouverture. «Bon nombre de ces GMF-là dont ont dit qu'ils ne respectaient pas leur offre de services, dans les faits, c'est ce qui avait déjà été convenu avec l'Agence (de la santé et des services sociaux)», a-t-il dit.

À mesure que le réseau s'est développé, a expliqué le docteur Godin, «on a fait des adaptations un peu à la marge et on se retrouve aujourd'hui avec des situations qui ne respectent pas nécessairement les règles qu'on s'est données, mais que l'on a acceptées de bonne foi entre les médecins des GMF et les Agences ou les CSS (Centres de services sociaux) concernés».

Et c'est en révisant le cadre d'exercice des GMF que cette situation sera examinée dans son ensemble, a convenu le docteur Godin.

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