- Dons aux partis politiques : les Québécois ne se sont pas bousculés en 2011

Les Québécois se sont montrés moins généreux à l'endroit des partis politiques provinciaux en 2011 que lors des dernières années, selon le Directeur général des élections du Québec (DGE) qui vient de rendre publics les rapports financiers des partis. Il s'agit des premiers rapports publiés depuis l'entrée en vigueur des amendements apportés à Loi électorale , qui visaient notamment à prévenir l'utilisation de prête-noms.

Au total, quelque 43 500 donateurs ont versé plus de 7,5 millions de dollars. À titre comparatif, ils étaient près d'un millier de moins en 2010, mais ils avaient versé 1,3 million de dollars supplémentaires.

C'est le Parti libéral qui recueille la part du lion : près de 3,8 millions de dollars, soit la moitié des montants versés.

Le Parti québécois, avec 2,5 millions de dollars, est toujours celui qui a le plus de donateurs, soit 16 985, mais l'écart avec le PLQ ne cesse de se rétrécir.

En 2011, le PLQ et le PQ ont tous deux connu une baisse d'environ 23 % du montant des contributions reçues par rapport à 2010.

Avec une contribution moyenne par donateur de 242 $, la Coalition avenir Québec (CAQ), officiellement devenue un parti l'an dernier, est la formation dont le don moyen est le plus élevé. La formation de François Legault détrône ainsi le Parti libéral, habitué a dominer ce palmarès.

Québec solidaire a vu croître le nombre de ses donateurs de 3070 à 5561, un bond de 81,1 % par rapport à 2010, mais la moyenne des dons a fortement diminué, de 135 $ à 81 $. Au total, cependant, la formation d'Amir Khadir et de Françoise David a amassé 448 600 $ en contributions, soit 8 % de plus qu'en 2010.

Le Parti québécois est le seul parti présent à l'Assemblée nationale a avoir eu davantage de dépenses que de revenus.

Quelques changements aux lois entrés en vigueur en 2011 :

Le plafond annuel des contributions politiques a été abaissé de 3000 $ à 1000 $ (depuis le 1er janvier).

Pour compenser les pertes engendrées par la diminution des plafonds imposés aux donateurs, l'État a augmenté sa contribution de 50 cents par électeur à un taux indexé de 83 cents en 2011.

Depuis le 1er mai, les dons supérieurs à 100 $ versés aux partis politiques transitent par le DGE, qui s'assure de leur conformité.

À partir de ce seuil, les dons ne peuvent pas être faits en argent comptant. Auparavant, cette règle ne s'appliquait qu'aux dons supérieurs à 200 $.

Ces mesures visent notamment à prévenir l'utilisation de prête-noms .

L'État, donateur plus important qu'avant

Par ailleurs, la participation de l'État au financement des partis politiques a été plus importante que lors des dernières années non électorales, conséquence logique des nouvelles dispositions légales. L'an dernier, la contribution de l'État a compté pour 37,3 % des revenus des partis, une augmentation de 12 points de pourcentage par rapport à l'année précédente.

Aux termes de ses vérifications, le DGE a évalué que 99 % des contributions étaient conformes.

Pour le DGE, on ne peut pas affirmer pour autant que le système des prête-noms a été éradiqué, car ce type de stratagème pourrait rester secret à plus petite échelle.

Notons que trois partis ont fait leur apparition l'an dernier : la Coalition avenir Québec de François Legault (qui a englouti l'ADQ plus tôt cette année), Option nationale de l'ancien député péquiste Jean-Martin Aussant, ainsi que Révolution démocratique. Fin 2011, le Québec comptait 18 partis politiques.