- Construction : les syndicats boycottent le dépouillement du vote d'allégeance

Le conflit de travail à la Commission de la construction du Québec (CCQ) perturbe le dépouillement du vote permettant le changement d'allégeance syndicale dans l'industrie.

En l'absence des 600 employés de bureau de la CCQ en grève, le dépouillement se fait par des cadres, mais également sans les observateurs syndicaux qui ont refusé de franchir les piquets de grève devant l'ancien siège de la Commission, où se déroule l'opération.

Les cinq centrales syndicales du milieu de la construction devaient dépêcher sept représentants chacune pour veiller au bon déroulement du dépouillement. Elles ont plutôt choisi de respecter les grévistes qui ont manifesté par centaines devant l'édifice.

« Les travailleurs de la Commission de la construction du Québec sont en grève et nous devons, au nom de nos travailleurs, respecter leur situation et les mesures qu'ils ont prises, a déclaré le directeur général du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), Donald Fortin. Le dépouillement du vote syndical est un moment important pour nous, mais nos convictions, nos principes et les valeurs de notre organisation priment. »

Le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, invite la CCQ à reprendre les négociations et à tenter de régler le conflit de travail. « L'industrie de la construction est un levier économique important pour le Québec. Si ce conflit perdure, nous craignons grandement les conséquences », affirme M. Ouellet.

De son côté, le syndicat qui représente les employés de la CCQ, le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-Québec), réclame l'intervention de la ministre du Travail, Lise Thériault. Le SEPB accuse la présidente de la Commission, Diane Lemieux, de négocier de mauvaise foi et de faire en sorte que la grève perdure. Elle doit remplir « le mandat qu'elle a obtenu de la ministre du Travail et de la présidente du Conseil du Trésor et, si elle refuse, le gouvernement la remplacera », a déclaré le directeur général du SEPB-Québec, Serge Cadieux. « Je pense que le gouvernement doit prendre ses responsabilités », a-t-il jugé.

Le SEPB-Québec soutient que Mme Lemieux a enfreint le Code du travail en embauchant des briseurs de grève. La CCQ a dû remercier 26 conseillers en informatique embauchés après le déclenchement de la grève à la suite d'une ordonnance émise par la Commission des relations de travail le 13 juin dernier. Mme Lemieux reconnaît que la CCQ a pu commettre certaines erreurs, mais elle nie avoir fait preuve de mauvaise foi dans les pourparlers.

Le cabinet de la ministre Thériault a demandé une reprise des négociations, qui sont rompues depuis un mois, et a indiqué qu'il n'interviendrait pas dans le conflit.

Les employés de la CCQ sont sans contrat de travail depuis décembre 2009. En mai dernier, ils ont rejeté l'offre finale et globale de leur employeur dans une proportion de 86 %.

Recrudescence du travail au noir?

Les syndicats estiment que la grève des employés de la CCQ entraîne une augmentation du travail au noir. Les travailleurs qui sortent de l'école ont besoin de leurs cartes de compétence pour travailler sur les chantiers, mais ces cartes ne peuvent être émises en raison de cette grève. La FTQ-Construction estime que l'industrie, qui a besoin de ces travailleurs, pourrait être tentée de les laisser travailler sur les chantiers même sans leurs cartes.

La présidente de la CCQ prévient les ouvriers qui seraient tentés de travailler sans carte de compétence qu'il y a toujours des inspecteurs qui visitent les chantiers et que les travailleurs pris en défaut seront poursuivis.