9 juillet 2012 11:14 | par AFP
Les corps deviennent des toiles vivantes

World Bodypainting Festival



World Bodypainting Festival (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
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  • World Bodypainting Festival (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
  • Création (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
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  • Un travail de longue haleine (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
  • La main (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
  • Un modèle (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
  • Mise en scène (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
  • Pose devant les photographes (© REUTERS/Heinz-Peter Bader)
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World Bodypainting Festival

Animaux, insectes, créatures mythiques ou fantasmées, les corps se transforment sous les coups de pinceaux experts de centaines d'artistes réunis au 15e World Bodypainting Festival, qui s'est tenu à Pörtschach (sud de l'Autriche).

Cette bourgade sur les rives du lac Wörthersee accueille en trois jours quelque 30.000 spectateurs venus admirer les créations de plus de 200 artistes de 44 pays, certains repartant avec un prestigieux World Award, l'équivalent d'un titre mondial dans cette discipline.

Dans les allées se mêlent peintres, modèles et simples spectateurs, certains accompagnés de leurs enfants au visage maquillé, sans oublier les nombreux photographes.

« C'est très différent d'être nue ou peinte »

Lisa, venue de Bavière, joue avec les paparazzi tandis qu'un professionnel du bodypainting fignole son « costume », vert et orange avec des écailles reptiliennes. « Je suis quelqu'un de complètement autre, c'est très différent d'être nue ou peinte », assure la jeune femme de 24 ans, qui a commencé il y a un an seulement à servir de « toile vivante ».

Après des débuts confidentiels, le festival est devenu la réunion la plus importante dans le milieu de la peinture sur corps, organisant des concours qui se sont imposés comme une référence au niveau européen puis mondial.

De quoi susciter l'intérêt pour cet art: « Le public peut suivre toute l'élaboration de l'oeuvre », les tentes des compétiteurs étant accessibles aux visiteurs, relève le fondateur du festival, Alexander Barendregt.

Les prix sont remis dans diverses catégories --éponge et pinceau, aérographe, peintures fluorescentes-- avec chaque année des thèmes différents. Cette fois, les artistes explorent notamment les « peurs intérieures ».

La Britannique Helen Elvins est venue presque par surprise. Pour concourir aux World Awards, il faut avoir remporté au moins une compétition majeure de bodypainting, ce qu'elle a fait pour la première fois il y a tout juste cinq semaines. « Je me suis dit "Qu'est-ce que je vais pouvoir faire?", c'est un sujet difficile », raconte-t-elle en travaillant à sa création, représentant à la fois la maladie et le combat intérieur.

Les températures caniculaires ont rendu difficile le travail des artistes: « Notre pire ennemi, c'est la chaleur. La transpiration a pour but de refroidir le corps, mais aussi de débarrasser la peau des impuretés et elle traite la peinture comme telle », explique Dubi Preger, bodypainter professionnel venu d'Israël pour la sixième année consécutive.

Un jury de professionnels du monde entier évalue les oeuvres, présentées ensuite au public sur scène. Le festival organise également un concours pour les artistes « amateurs », chez qui le bodypainting est plus un violon d'Ingres qu'un métier.

Peinture à 180 euros le litre

Parmi eux, Michael Joos s'applique à reproduire certaines parties du squelette en blanc sur fond noir. Ce technicien de la sidérurgie est venu au bodypainting par hasard, en achetant du matériel pour son autre passion, les modèles réduits. « J'aime travailler sur un support vivant et j'aime la façon dont on peut complètement modifier un corps, jusqu'à ce que le modèle lui-même ne se reconnaisse plus », explique cet Allemand de 31 ans, admettant que le bodypainting est un dada de luxe: les peintures coûtent pas moins de 180 euros le litre.

Pourtant les modèles n'ont pas de remords à faire disparaître l'oeuvre et la gouache coûteuse en fin de journée: « On se réjouit surtout d'une bonne douche chaude! », s'exclame Stefanie Glanzer, qui a posé pendant cinq heures.

« C'est un peu dommage de détruire une oeuvre, mais avec les photographes, on a tellement de photos, ce n'est pas comme si c'était oublié », souligne-t-elle.

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