- Un village toscan se rebelle contre l'austérité de Rome

La communauté de San Gimignano, un village médiéval de la Toscane qui est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, est partie en croisade contre une mesure d'austérité du gouvernement italien.

Rome veut lui imposer une réduction du tiers de ses employés même si l'administration locale affiche une gestion exemplaire et n'a aucune dette, a rapporté mercredi le quotidien Il Corriere della Sera .

« C'est une histoire de fous », a déclaré le maire de San Gimignano, Giacomo Bassi, dans une interview au journal. Il a rappelé qu'en juin le gouvernement italien a placé son village sur la liste des 143 communes reconnues pour leur saine gestion. Le mois suivant, le plan de réduction des dépenses publiques de Rome leur impose de congédier 35 de leurs 89 employés communaux, a déploré M. Bassi.

En fait, le gouvernement italien veut interdire aux communes d'avoir plus d'un employé pour 144 habitants. Cette règle force le village de San Gimignano, qui compte à peine 7000 personnes, de congédier environ le tiers de son personnel.

Le maire rappelle que le village, entouré de murailles et parsemé de hautes tours, accueille près de trois millions de touristes par année. Les 35 postes qu'il faudrait éliminer selon le plan d'austérité de Rome sont indispensables, selon M. Bassi, pour gérer une série de services, comme les stationnements et les musées. Ces activités « permettent d'encaisser 2,5 millions d'euros de bénéfice net chaque année et d'avoir un taux d'imposition parmi les plus bas d'Italie et des services que d'autres communes de notre taille ne peuvent s'offrir », ajoute-t-il.

Le village a demandé un amendement au plan de révision des dépenses publiques de Rome afin que la limite d'employés communaux ne soit pas calculée uniquement à partir de la population.

« Il s'agit d'un problème de cohérence : l'État ne peut pas nous considérer comme exemplaires et ensuite nous traiter comme les municipalités qui ont embauché amis et parents », dit-il. « Bien loin de moi l'idée de licencier : au contraire, je pourrais embaucher 35 autres personnes », lance le maire avec un ton de défi, tout en soulignant que les 89 employés municipaux « sont prêts à démissionner » si Rome s'entête.

Radio-Canada.ca avec AFP