Un employé humanitaire canadien enlevé au Kenya

STR / The Associated Press

NAIROBI, Kenya - Un Canadien figure parmi les quatre travailleurs humanitaires étrangers enlevés par des insurgés somaliens dans un camp de réfugiés du nord-est du Kenya, a confirmé le gouvernement canadien vendredi.

John Babcock, porte-parole de la ministre chargée des Affaires consulaires, Diane Ablonczy, a confirmé à La Presse Canadienne qu'un citoyen canadien faisait partie des otages.

Les responsables consulaires canadiens au Kenya et au Canada sont en contact avec les autorités locales pour en savoir plus sur la situation, a-t-il indiqué.

Les autorités canadiennes connaissent l'identité du Canadien enlevé mais ne feront pas de commentaire à ce sujet pour l'instant, a ajouté le porte-parole.

«Tout ce que je peux dire, c'est que nous sommes au courant de cet enlèvement allégué au Kenya», a déclaré par courriel un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Claude Rochon.

«Nous utilisons tous les canaux appropriés pour obtenir des informations supplémentaires et nous sommes en contact avec les autorités kényanes. Nous ne commenterons pas et nous ne diffuserons pas d'informations qui pourraient compromettre ces efforts», a affirmé M. Rochon.

La priorité du Canada est «la sécurité de ses citoyens», a-t-il ajouté.

Des militants somaliens ont attaqué le convoi humanitaire vendredi dans l'immense camp de réfugiés de Dadaab, près de la frontière somalienne, tuant un employé kényan et enlevant quatre travailleurs humanitaires étrangers, selon les autorités kényanes.

Dadaab, le plus grand camp de réfugiés du monde, abrite près de 500 000 Somaliens qui ont fui les violences et la famine dans leur pays.

Les quatre étrangers travaillent pour le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), a rapporté Philip Ndolo, un responsable de la police kényane. Les assaillants ont tué un chauffeur kényan employé par le NRC durant l'attaque, a-t-il indiqué.

Des policiers et des militaires se sont lancés à la poursuite des ravisseurs, selon M. Ndolo. Le Kenya a déployé des troupes en Somalie en octobre dernier, ce qui devrait permettre d'intercepter les ravisseurs s'ils retournent en Somalie avec leurs otages.

Un porte-parole du Conseil norvégien pour les réfugiés en Norvège, Rolf Vestvik, n'était pas en mesure de confirmer les détails de l'incident vendredi. Il a précisé que la secrétaire générale de l'organisation, Elisabeth Rasmusson, se trouvait à Dadaab durant l'attaque, mais qu'elle n'avait pas été enlevée ni blessée.

La recrudescence des enlèvements et des attaques transfrontalières par des insurgés somaliens est l'une des raisons pour lesquelles le Kenya a publiquement justifié son déploiement de troupes en Somalie l'an dernier.

En octobre, des hommes armés sont entrés dans le camp de Dadaab et ont enlevé deux Espagnoles qui travaillaient pour Médecins sans frontières. Les deux femmes sont toujours détenues, probablement en Somalie. Des hommes armés ont aussi perpétré des enlèvements dans la ville touristique de Lamu.

Depuis ces attaques, le Kenya a envoyé des milliers de soldats en Somalie, compliquant le mode opératoire des ravisseurs: enlever un travailleur humanitaire, un résidant ou un touriste étranger au Kenya et ramener l'otage en Somalie dans l'espoir d'obtenir une rançon en échange de sa libération.

Malgré la présence de troupes kényanes en Somalie, les militants islamistes d'Al-Shabab contrôlent toujours de grandes partie du sud du pays. Si les otages sont emmenés dans cette région, leur libération pourraient prendre du temps.

Personne n'a revendiqué la responsabilité de l'enlèvement pour l'instant.