Mis à jour le: 14 janvier 2013 10:38 | par AFP

Un an après le naufrage du Costa Concordia, les sirènes ont retenti au Giglio



L'épave du Costa Concordia, le 13 janvier 2013, un an après son naufrage devant l'île du Giglio en Italie

Les sirènes des bateaux ont retenti dimanche soir dans la nuit du Giglio, point d'orgue d'une journée de commémorations un an jour pour jour après le naufrage du Concordia qui a coûté la vie à 32 personnes.

Après une minute de silence, à 20H45 GMT, l'heure de l'impact du paquebot de croisière contre un rocher le 13 janvier 2012, les sirènes de tous les bateaux du petit port et les cloches de l'église se sont mises à sonner, rappelant les cris de détresse lancés durant cette terrible nuit.

Un groupe de Françaises est passé au milieu de la foule avec de grandes lanternes lumineuses, avant de les laisser s'envoler au dessus de la jetée.

Pour Anne Decré du Collectif des naufragés français, "cela répondait à un besoin des familles des victimes et des rescapés". "Nous attendions d'être ensemble réunis comme nous l'avons été il y a un an et comme nous le sommes depuis", a-t-elle déclaré, souhaitant que ces commémorations, "dignes" du Giglio, aident à "panser les blessures".

Dans la matinée, un ferry avait emmené les familles endeuillées à l'endroit où le navire a heurté un rocher. Elles se sont recueillies, le regard perdu dans le vide, puis ont jeté des bouquets à la mer, pendant que les vedettes des gardes-côtes faisaient retentir leurs sirènes 32 fois.

"Je suis venue pour rendre hommage à ma soeur. Etre ici est une émotion très forte, c'est comme si je la retrouvais", a expliqué à l'AFP la Péruvienne Madelein Soria, en évoquant Erika, qui servait dans un des bars de l'immense paquebot de croisière.

Susy Albertini, maman de la seule enfant victime du naufrage, sa fille de 5 ans, décédée avec son père, demande que "justice soit faite".

Dix personnes sont placées sous enquête pour la tragédie, dont le capitaine Francesco Schettino, considéré comme le principal responsable du naufrage. Le procès ne devrait pas avoir lieu avant des mois.

Interrogé sur une télévision italienne à Meta di Sorrento (sud) où il est assigné à résidence, le capitaine a affirmé que "pour le reste de sa vie, il aura quelque chose qui le liera de façon très personnelle à cet évènement et aux familles de victimes". Une nouvelle fois, il a rejeté la responsabilité du naufrage sur le timonier indonésien: "s'il avait compris les ordres, on serait juste passé à côté de l'île et rien ne se serait produit".

Parmi les officiels en tenue d'apparat venus au Giglio, Gregorio de Falco, chef de la Capitainerie du port de Livourne, qui fit figure de héros en ordonnant en termes peu châtiés au capitaine du Concordia de "retourner à bord" du navire qu'il avait abandonné.

"Je n'ai fait que mon devoir, je ne suis pas un héros. Je suis venu pour embrasser les familles des victimes et tous ceux qui ont souffert", dit-il.

Une grue postée sur un remorqueur a repositionné le rocher arraché par le Concordia, un geste symbolique pour "remettre les choses en place", selon le maire Sergio Ortelli.

"Comment oublier les yeux des enfants trempés et apeurés cette nuit-là, les couples âgés se serrant sous une couverture? Pour les familles, la plaie est encore ouverte", a dit le maire, rappelant aussi "l'hospitalité, l'accueil, la solidarité" de la population.

Des dizaines de rescapés ont d'ailleurs fait le voyage pour remercier les habitants du Giglio.

"Nous voulions exprimer notre reconnaissance", dit à l'AFP Ronald Dots, venu avec sa femme Viviana et leur fils de 15 ans, Chiliens installés en Espagne. "Ca a été une nuit de douleur, nous avons dû consulter des psychologues, au début nous pleurions beaucoup. Regarder la mer, ça me donnait des frissons", explique-t-il.

Danièle Dubuc de Pau (sud de la France) remercie aussi les habitants et souligne la nécessité d'être "tous ensemble". "On a vécu une catastrophe énorme", ajoute cette dame élégante, tellement traumatisée qu'elle n'a plus dansé avec son mari depuis le drame.

Le Concordia, parti du port italien de Civitavecchia pour une croisière en Méditerranée quelques heures avant la tragédie, transportait plus de 3.200 touristes de 60 nationalités différentes et plus d'un millier de membres d'équipage venus de 40 pays. Ce navire était affrété par la société italienne Costa croisières, filiale du groupe américain Carnival Corporation.

30 victimes ont été identifiées, mais les corps d'un membre d'équipage indien et d'une passagère italienne n'ont pas été retrouvés.

Le mari de cette dernière, Elio Vicenzi, trop ému pour pouvoir parler, a offert au Giglio une statue de la vierge fabriquée dans sa Sicile natale. Tandis que le frère du serveur indien, Kevin Rebello, a remis aux autorités quatre lions symboles de son pays et caractérisant pouvoir, courage, confiance et orgueil, "qui symbolisent bien aussi le Giglio", a-t-il dit.

Dans l'après-midi, des plaques ont été dévoilées dans le port, en hommage aux victimes et aux habitants, au son d'une musique infiniment triste jouée par la fanfare de l'île devant les familles rassemblées sur le quai étroit et battu par un vent glacial.

© 2013 AFP

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