Tirs des forces afghanes lundi matin

Ahmad Jamshid / The Associated Press

KABOUL - Les résidants de la capitale de l'Afghanistan ont été réveillés par de nouvelles explosions et de nouveaux tirs d'artillerie, lundi matin.

À la levée du jour, lundi, les forces afghanes ont multiplié les tirs de grenades propulsées par fusée dans un édifice où les talibans avaient lancé une série d'attaques coordonnées, dimanche, à Kaboul et dans trois provinces de l'est du pays. Ces attaques visaient des bâtiments officiels, des ambassades occidentales ou encore des bases de l'OTAN.

Selon Sediq Sediq, porte-parole du ministère de l'Intérieur de l'Afghanistan, un militant se trouve toujours à l'intérieur de l'édifice en question.

Un policier et 17 insurgés ont été tués dans ces attaques, revendiquées par un porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, dans un SMS et un courriel transmis à l'Associated Press.

Des reporters de l'Associated Press ont été témoins de l'assaut perpétré lundi matin. Des résidants vivant non loin du Parlement ont par ailleurs confirmé que des affrontements prenaient toujours place dans ce secteur. Les combats avaient diminué vers 7 h lundi matin, bien que des tirs sporadiques étaient toujours entendus près de l'édifice du Parlement.

L'attaque de dimanche avait commencé par une série d'explosions dans le centre de la capitale. Au même moment, les insurgés islamistes ont lancé l'assaut contre des infrastructures afghanes et de l'OTAN dans trois capitales provinciales de l'est du pays: Jalalabad, Gardez et Pul-e-Alam.

Selon le ministère afghan de l'Intérieur, 17 talibans sont morts dans les attaques de Kaboul et des provinces de Paktia, Nangarhar et Logar. Un policier afghan a été tué et 17 autres blessés, dont 11 à Kaboul, selon le ministère, qui faisait état de 14 civils blessés.

Les premières explosions dans la capitale ont secoué le quartier de Wazir Akbar Khan, où se trouvent plusieurs ambassades, dont celle des États-Unis, et une base de l'OTAN. Des tirs ont éclaté peu après, forçant les passants à se mettre rapidement à couvert.

De la fumée s'est élevée de bâtiments, sur fond de sirènes d'alerte. Plus de dix explosions, au total, ont été entendues à Kaboul où les tirs se sont poursuivis pendant plus d'une heure après l'explosion initiale. L'ambassade des États-Unis a précisé que des attaques se produisaient «dans son voisinage». L'ambassade d'Allemagne a signalé des dégâts, mais pas de victimes.

Des militants postés dans un bâtiment ont tiré des roquettes dans plusieurs directions, semblant viser en particulier l'ambassade britannique voisine, a constaté un reporter d'Associated Press sur place.

Au même moment, des talibans tiraient des roquettes sur le Parlement afghan à Kaboul, à partir d'un immeuble voisin en construction, selon Mohammad Nahim Hamidzai, député de Kandahar (sud).

Simultanément, une base de l'OTAN en périphérie de Kaboul était la cible de tirs de mortiers. Des militaires turcs et grecs de l'ISAF, basés non loin, ont riposté à la mitrailleuse. On précisait de source policière qu'un assaillant avait également visé un centre d'entraînement de l'armée.

Zabiullah Mujahid a déclaré que les talibans préparaient depuis deux mois cette série d'attentats, en attendant une prochaine offensive de printemps qui sera lancée au «moment approprié». Les insurgés, a-t-il ajouté, entendent montrer à l'OTAN leur puissance et leur capacité à «frapper n'importe où» ils le souhaitent.

À Jalalabad (province de Nangarhar) dans l'est du pays, les islamistes ont attaqué un aérodrome militaire utilisé conjointement par l'OTAN et les forces afghanes, ainsi qu'une base moins importante de l'Alliance atlantique, non loin de là.

À Pul-e-Alam (province de Logar), selon la police locale, des militants ont pénétré dans un bâtiment du ministère de l'Éducation, situé près d'un édifice utilisé par les services de renseignement afghans. À Gardez (province de Paktia), une fusillade a eu lieu entre les forces de sécurité et les talibans retranchés dans un bâtiment.