- Syrie : un premier diplomate de haut rang lâche Al-Assad

L'ambassadeur de Syrie en Irak, Naouaf Al-Fares, a fait défection et s'est joint au mouvement d'insurrection contre le président Bachar Al-Assad. Il s'agit de la deuxième défection d'importance pour le régime en une semaine, après celle du général Manaf Tlas.

M. Al-Fares a annoncé son changement d'allégeance jeudi sur les ondes du réseau Al-Jazira, devenant du coup le premier diplomate de haut rang à lâcher le président Al-Assad. Il se trouve maintenant au Qatar, a fait savoir jeudi le ministre irakien des Affaires étrangères, Hochiar Zebari.

« Je déclare que j'ai rejoint, à compter de cet instant, les rangs de la révolution du peuple syrien », a annoncé Naouaf Al-Fares dans une vidéo. « Je demande [...] aux membres de l'armée de rejoindre la révolution et de défendre le pays et ses citoyens. [...] Tournez vos armes contre les criminels de ce régime. »

« Chaque homme syrien doit se joindre à la révolution pour remplacer ce cauchemar et cette bande », a encore dit M. Al-Fares, qui accuse la famille Assad et ses alliés d'être corrompus et de « détruire la société » depuis 40 ans.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a réagi en déclarant que Naouaf Al-Fares « a été relevé de ses fonctions et n'a plus aucun lien avec notre ambassade à Bagdad ou le ministère. » « L'ambassade en Irak continuera de fonctionner normalement », ajoute Damas.

À l'instar de Manaf Tlas, Naouaf Al-Fares est issu de la majorité sunnite. Dignitaire de la tribu Ogeïdat, alliée de longue date de la minorité alaouite dont Assad est issu, il est originaire de Deir Ezzor, grande ville de l'est du pays où la révolte populaire a été durement réprimée par les forces de sécurité.

Il travaillait pour le régime syrien bien avant que Bachar Al-Assad ne succède à son père, en 2000. Nommé ambassadeur à Bagdad en 2008, il avait pour mission de renouer les liens bilatéraux, rompus dans la foulée de l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, en 1979.

« Ce n'est que le début d'une série de défections au niveau diplomatique », a avancé Mohamed Sermini, membre du Conseil national syrien, principale coalition d'opposants au président Assad. « Nous sommes en contact avec plusieurs ambassadeurs. »

La Russie s'opposera à une résolution du Conseil de sécurité

La Russie a indiqué qu'elle n'acceptera aucune résolution du Conseil de sécurité de l'ONU placée sous le chapitre VII qui autorise l'utilisation de tous les moyens nécessaires pour contraindre le régime de Bachar Al-Assad à respecter ses obligations, rapporte l'agence de presse Interfax.

« S'ils décident de le faire (ndlr, soumettre au vote la résolution jeudi), sachant que ce serait inacceptable pour nous, nous ne la laisserons pas passer » , a prévenu le ministre russe adjoint des Affaires étrangères Guennadi Gatilov.

La Grande-Bretagne a fait circuler mercredi soir un projet de résolution qui menace le gouvernement syrien de sanctions si, dans les dix jours suivant l'adoption de la résolution, il ne met pas un terme à l'emploi d'armes lourdes et ne retire pas ses troupes des villes.

L'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, a demandé mercredi au Conseil de sécurité d'expliquer « clairement » au gouvernement syrien et à l'opposition qu'ils s'exposeraient à des « conséquences » s'ils n'appliquent pas son plan de sortie de crise.

Depuis le début de la crise syrienne, la Russie et la Chine ont opposé leur veto à des projets de résolution visant à condamner la répression du régime syrien.

Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters