- Syrie : les forces d'Assad contre-attaquent

Les forces de Bachar Al-Assad ont repris deux quartiers de Damas dimanche. Selon des opposants, le régime pourchasse les rebelles et les habitants soupçonnés de les aider.

Les forces du régime sont engagées dans une vaste contre-offensive à Damas depuis l'attentat de mercredi qui a tué quatre des principaux responsables de la sécurité du régime.

Les forces syriennes ont par ailleurs repris le contrôle de l'un des deux postes-frontières pris par les insurgés à la frontière avec l'Irak, ont dit des responsables irakiens. En revanche, les rebelles se sont emparés d'un autre poste à la frontière avec la Turquie, Bab al-Salam, au nord d'Alep.

Dans cette même région, les insurgés ont pris une académie militaire à Moussalmiyeh, au nord d'Alep. Ils ont capturé plusieurs officiers loyalistes tandis que d'autres ont déserté, affirme le général Moustafa al-Cheikh, qui a rompu avec le régime.

La capitale syrienne n'avait jamais connu de combats d'une telle intensité en 16 mois de contestation. La bataille continue de faire rage à Alep, dans le nord du pays, et à Deir Ezzor, dans l'est.

Exécutions sommaires

Les forces de Bachar Al-Assad auraient exécuté dimanche au moins 20 hommes désarmés dans le quartier de Mazzé, à Damas, car elles les soupçonnaient d'aider les insurgés, ont rapporté des opposants au régime syrien.

Dans les vidéos et photos diffusées sur Internet, l'un des corps porte ce qui semble être des traces de torture, selon les opposants.

La vérification des témoignages ainsi recueillis est cependant difficile, étant donné que le régime a interdit l'accès au territoire syrien à la plupart des médias indépendants.

La télévision d'État a pour sa part qualifié la situation de « normale », ajoutant que « les forces de sécurité pourchassent les derniers éléments terroristes dans quelques rues ».

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, évoque un bilan de 1261 morts dans toute la Syrie depuis dimanche dernier, ce qui fait de cette semaine la plus meurtrière d'un conflit qui en aurait fait 18 000 depuis le début. Au total, 79 civils et 24 militaires auraient été tués dans la journée de dimanche.

Mission quasi impossible

Réunis à Doha, les pays de la Ligue arabe ont pressé le président syrien Bachar Al-Assad de renoncer rapidement au pouvoir en échange d'une sortie « sûre » pour lui-même et sa famille.

Lundi, l'Union européenne a décidé de renforcer ses sanctions contre le pouvoir syrien et les contrôles de l'embargo sur les armes afin d'augmenter la pression contre le régime, a annoncé une source diplomatique.

Quant aux tentatives de l'ONU et de son émissaire Kofi Annan de faire cesser le bain de sang, elles ont peu de chances d'aboutir, estiment des experts. M. Annan n'est en fait jamais parvenu à obtenir l'application de sa demande de cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties en avril.

D'un côté, la Russie accuse l'Occident de chercher à préparer « une intervention militaire » en Syrie, même si les intéressés ont assuré qu'ils n'avaient aucune intention de rééditer l'intervention de 2011 contre la Libye. De l'autre, les Occidentaux accusent la Russie d'avoir sapé les efforts de M. Annan en ignorant sa requête d'inclure dans sa résolution la menace de « conséquences réelles » pour Damas en cas de poursuite des violences.

Pour Richard Haass, président du Council on Foreign Relations, un centre de réflexion de Washington, l'échec du plan de paix « n'est pas une grosse perte », puisque selon lui, il n'aurait jamais eu aucune chance d'être mis en oeuvre.

« Il serait compréhensible, peut-être même sage, que [Kofi Annan] remette sa démission après les événements de la semaine dernière », estime Richard Gowan, de l'Université de New York.

Radio-Canada.ca avec AFP, Reuters et BBC