Cambodge - Tribunal des Khmers rouges : un autre juge démissionne

Le juge d'instruction suisse Laurent Kasper-Ansermet du tribunal pour les Khmers rouges au Cambodge a démissionné.

C'est le deuxième juge de ce tribunal qui claque la porte en l'espace de six mois. La raison de cette seconde démission est la même que celle du juge allemand Siegfried Blunk, qui avait dénoncé les pressions du gouvernement cambodgien dans deux nouveaux dossiers controversés.

Le noeud de cette discorde réside dans la volonté du gouvernement cambodgien de bloquer l'ouverture des dossiers dits numéro 003 et 004 concernant cinq cadres du régime khmer rouge.

Le premier ministre cambodgien Hun Sen, lui-même ex-cadre Khmer rouge qui s'était finalement retourné contre le régime, est ouvertement opposé à la tenue d'autres procès après celui, en cours, des trois plus hauts responsables encore vivants du régime.

Le co-juge d'instruction cambodgien You Bunleng a refusé de reconnaître la légitimité de son homologue Kasper-Ansermet. Ce dernier a ordonné unilatéralement en février la réouverture d'un des deux dossiers, dont la fin de l'enquête avait pourtant été annoncée l'an dernier.

Le juge suisse a accusé son confrère de s'être employé « activement à faire obstacle aux travaux d'enquête dans le cadre des dossiers 003 et 004 ». Le magistrat a estimé qu'il n'était « plus concrètement en mesure d'exercer correctement et librement ses fonctions ». « La situation est complètement bloquée », a-t-il précisé.

L'ONU, qui parraine ce tribunal, se trouve dans une situation délicate, car quel que soit le successeur, il risque de se heurter aux mêmes obstacles.

Jusqu'à aujourd'hui, un seul accusé a été jugé. Kaing Guek Eav, alias Douch, ex-chef de la prison de la capitale, a écopé en février, en appel, de la prison à perpétuité.

Environ deux millions de personnes sont mortes de faim, d'épuisement ou sous la torture entre 1975 et 1979 sous le régime des Khmers rouges.

Radio-Canada.ca avec AFP