- Présidentielle mexicaine : la gauche demande un nouveau dépouillement

Le candidat de la gauche défait à l'élection présidentielle mexicaine, Andres Manuel Lopez Obrador, demande un nouveau dépouillement complet des voix du scrutin de dimanche qu'a remporté Enrique Peña Nieto du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) avec un écart de plus de 6 %.

« Nous présentons une demande formelle de la coalition [de gauche] pour un nouveau décompte des 143 000 postes de vote installés pour l'élection présidentielle », a déclaré mardi Ricardo Monreal, le coordinateur de la campagne de la gauche, en point de presse aux côtés de M. Lopez Obrador. D'après M. Monreal, la coalition a mené une « enquête » qui a révélé des « incohérences dans 113 855 des 143 000 postes de vote ».

« Ce qui ne fait aucun doute est qu'il n'y a pas eu une élection propre et transparente », a affirmé M. Lopez Obrador, accusant le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) d'avoir acheté des « millions de voix ».

Selon un décompte de 98,95 % des bulletins de vote dépouillés, M. Peña Nieto a été élu avec 38,15 % des suffrages contre 31,6 % à M. Lopez Obrador. Le président sortant Felipe Calderon, du Parti d'action national (PAN), avait reconnu dès dimanche soir la victoire du candidat du PRI.

De son côté, Andres Manuel Lopez Obrador contestait déjà lundi les résultats du scrutin. Selon lui, tout le processus électoral a été entaché de graves irrégularités, contrairement à ce qu'affirment des observateurs internationaux. « Nous ne pouvons accepter un résultat frauduleux », avait-il répondu à la presse qui lui avait demandé s'il allait reconnaître les chiffres préliminaires donnés par l'Institut fédéral électoral (IFE).

En 2006, M. Lopez Obrador avait aussi perdu l'élection face à M. Calderon avec un écart de moins de un point de pourcentage. Il avait alors appelé à des manifestations massives qui avaient paralysé le centre de Mexico durant plusieurs semaines.

Lundi après-midi, 25 000 jeunes - selon la police - avaient protesté en scandant « Le Mexique sans PRI! » dans un quartier chic de Mexico pour exprimer leur rejet de l'issue du vote marqué selon eux aussi par la « fraude ».

Après avoir gouverné le Mexique pendant 71 ans, le PRI avait perdu le pouvoir en 2000 au profit du PAN. Promettant de favoriser « la réconciliation », M. Peña Nieto a indiqué lundi qu'il était ouvert à faire entrer dans son futur gouvernement des membres d'autres partis politiques ou des personnalités indépendantes.

Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters