Des ambulanciers pakistanais transportent l'une des victimes de l'attaque contre la police à Lahore, le 12 juillet 2012

Des assaillants talibans ont tué jeudi neuf policiers et gardiens de prison jeudi à Lahore, la grande ville de l'est du Pakistan, la deuxième attaque meurtrière de ce type en trois jours contre les forces de sécurité de la région, a déclaré la police.

Les rebelles ont revendiqué cet assaut, mené selon eux en représailles des tortures policières subies par leurs combattants dans leurs bastions du nord-ouest, en prévenant que d'"autres attaques allaient suivre".

Les talibans avaient déjà menacé d'attaques la semaine dernière après qu'Islamabad a réautorisé le passage sur son sol des convois de ravitaillement destinés à la force de l'Otan déployée dans l'Afghanistan voisin (Isaf).

Lundi, sept personnes, dont six soldats, avaient été tuées, également à l'aube, par des inconnus qui avaient ouvert le feu sur leur campement à Gujrat, à une centaine de kilomètres de Lahore, sur la route de la capitale Islamabad.

Il s'agissait selon l'armée du premier assaut direct de ce genre contre les forces de sécurité jamais enregistré dans cette province centrale, la plus peuplée du pays, jusque là relativement épargnée par les violences depuis un an.

Jeudi, les assaillants sont arrivés en moto "au petit matin" devant un bâtiment de deux étages où dormaient 35 policiers et gardiens de prison, pour la plupart venus du nord-ouest du pays pour suivre une formation à Lahore.

"Ils sont entrés et ils ont ouvert le feu" avant de s'enfuir, a déclaré à l'AFP le chef de la police de Lahore, Aslam Tareen.

"On a recensé neuf morts dans cette attaque" intervenue dans le quartier très peuplé de Ichra, a indiqué Habibur Rehman, chef de la province du Pendjab, dont Lahore est la capitale.

Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) a revendiqué l'attaque dans un communiqué, expliquant avoir ciblé ce groupe de policiers car ils venaient du nord-ouest où ils "torturent (ses) combattants dans les prisons".

"C'est un acte de terrorisme" sans doute mené "par le même groupe" que celle de Gujrat, a de son côté indiqué M. Rehman devant la presse massée devant le bâtiment visé.

Le Pakistan est depuis plusieurs années le théâtre de nombreux attentats, visant notamment les forces de sécurité, imputés aux talibans et à leurs alliés du réseau Al-Qaïda, dont les bastions traditionnels se trouvent dans les zones tribales du nord-ouest frontalières de l'Afghanistan, mais qui ont frappé plusieurs fois à Lahore et dans sa région depuis 2007.

Des images des chaînes de télévision locales montraient les services de secours en train d'envelopper les cadavres dans des draps et les policiers survivants pleurer la mort de leurs collègues.

Les tensions politiques, toujours vives dans ce pays instable, sont montées d'un cran depuis qu'Islamabad a donné son feu vert à la reprise des convois de ravitaillement de l'Isaf, bloqués depuis plus de six mois après une bavure de l'Isaf qui avait tué 24 soldats pakistanais près de la frontière afghane.

Cette décision a été dénoncée par les partis religieux conservateurs, qui ont organisé plusieurs manifestations de protestations, et par les talibans.

Conservateurs comme insurgés dénoncent l'alliance stratégique d'Islamabad avec les Etats-Unis, qui dirigent l'Isaf en Afghanistan et y combattent les rebelles talibans afghans, alliés de leurs homologues pakistanais.

© 2012 AFP