Monde arabe - La Syrie en situation de guerre civile, selon l'ONU

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a déclaré que la Syrie est en état de guerre civile, alors que les violences se poursuivent, notamment dans le nord-ouest du pays.

« À l'évidence, ce qui se passe, c'est que le gouvernement syrien a perdu des pans entiers de territoires dans plusieurs villes au profit de l'opposition et il souhaite reprendre le contrôle de ces secteurs », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a indiqué qu'il sera « très difficile » de prolonger au-delà de juillet la mission des observateurs de l'ONU en Syrie en l'absence de progrès sur le terrain. Selon elle, la mission onusienne est de « plus en plus dangereuse ».

Le mandat des observateurs de l'ONU expire le 20 juillet.

La bataille de Haffé

Haffé, dans la province de Lattaquié (nord-ouest), est assiégée par l'armée qui bombarde la localité depuis une semaine. Selon une militante sur place, « les chars sont aux portes de la ville » désertée par la majorité de ses 30 000 habitants. « Il y reste les rebelles et certains civils armés qui les aident à défendre la ville », a-t-elle dit.

Trois combattants joints mardi par Reuters ont indiqué que les insurgés étaient plusieurs centaines à défendre la localité contre une offensive de l'armée épaulée par des chars et hélicoptères.

Les rebelles disent éprouver des difficultés à évacuer les civils piégés dans la ville. Ils disent qu'au début du siège, ils ont regroupé les civils dans les faubourgs, mais ces faubourgs sont également bombardés, selon eux.

Les affrontements à Haffé ont éclaté mardi dernier quand les forces de sécurité, installant des points de contrôle autour de cette localité stratégique, ont été attaquées par les insurgés.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui voit une « dangereuse intensification » du conflit en Syrie, a réclamé un accès des Nations unies à la ville.

Les observateurs de l'ONU empêchés de se rendre Haffé

Les observateurs des Nations unies ont affirmé mardi que trois de leurs véhicules avaient « essuyé des tirs » près de Haffé.

« Les observateurs de l'ONU qui tentaient de se rendre à Haffé ont dû faire face à une foule en colère entourant leurs véhicules, les empêchant de poursuivre leur chemin. Cette foule, qui semble être composée d'habitants de la région, a lancé ensuite des pierres et des barres de métal sur les voitures de l'ONU », affirme la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS) dans un communiqué.

« Les observateurs ont rebroussé chemin. Trois des véhicules de l'ONU ont essuyé des tirs alors qu'ils se dirigeaient vers la région d'Idleb », plus au nord, ajoute le communiqué. « La source des tirs n'est pas encore claire ».

Des soldats syriens utilisent des enfants comme boucliers humains, selon l'ONU

Un rapport de l'ONU sur les enfants dans les conflits armés accuse des soldats syriens d'avoir torturé et exécuté des enfants. Des soldats ont également utilisé des enfants, âgés d'à peine huit ans comme « boucliers humains » lors d'opérations contre les rebelles.

Dans ce document, le gouvernement syrien est décrit comme l'un des pires sur la liste annuelle « de la honte », qui énumère les protagonistes des pays en conflit où les enfants sont tués, torturés et forcés à combattre.

Le rapport se base sur les circonstances d'une opération de quatre jours déclenchée le 9 mars par les forces loyalistes (armée, services de renseignement et milice Chabiha ) contre le village d'Ayn l'Arouz (province d'Idleb, dans le nord-ouest du pays).

Les troupes gouvernementales ont raflé des dizaines de garçons âgés de 8 à 13 ans avant d'attaquer le village, selon le document. Ces enfants ont été ensuite « utilisés par des soldats et des miliciens comme boucliers humains, placés devant les vitres des autocars transportant les militaires pour pénétrer dans le village lors de l'assaut ».

D'après le rapport, les opérations contre des écoles sont courantes, ces établissements servant ensuite de bases militaires et de centres de détention.

« La plupart des enfants victimes de torture témoignent qu'ils ont été battus, qu'ils ont eu les yeux bandés, qu'ils ont été contraints à des positions incommodes stressantes, fouettés avec des câbles électriques, menacés de brûlures de cigarettes, et dans un cas, soumis à des décharges électriques sur les parties génitales », ajoute le document.

Par ailleurs, Human Rights Watch, reprenant les chiffres d'un centre de documentation des violations commises en Syrie, affirme qu'au moins 1176 enfants ont été tués depuis le début des événements en février 2011. L'ONG a toutefois indiqué que, selon des affirmations crédibles, des groupes d'opposants armés, dont l'Armée syrienne libre (ASL), recrutent des enfants soldats.

Radio-Canada.ca avec Reuters et AFP