- Libération de prisonniers politiques au Myanmar

En évoquant la « réconciliation nationale », le président du Myanmar, Thein Sein, a accordé mardi une amnistie générale à 46 détenus, dont une vingtaine sont des prisonniers politiques.

« Nous avons reçu confirmation de la libération de quelque 20 prisonniers politiques dans le cadre de l'amnistie d'aujourd'hui », a déclaré à l'AFP Kaung Kaung, du groupe Étudiants de la génération 88, dont plusieurs membres étaient des leaders des manifestations de 1988.

Selon le militant des droits de l'homme Ko Ko Gyi, qui a été libéré en janvier dernier, les prisonniers politiques Than Zaw, Ko Aye Aung et Pyit Phyo Aung figurent parmi eux.

L'amnistie, qui concerne « 37 hommes et 9 femmes », a pour objectif « d'assurer la stabilité de l'État [...] et la réconciliation nationale » ainsi que de permettre « à tous de participer au processus politique [...] », avait annoncé plus tôt le quotidien officiel New Light of Myanmar .

Par ailleurs, 34 détenus étrangers ont été libérés et « expulsés » afin d'aider le gouvernement birman à préserver ses liens avec leurs pays d'origine, a précisé le journal.

Selon la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, quelque 330 prisonniers politiques sont toujours détenus au pays. En mai dernier, l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP) faisait plutôt état de 471 prisonniers politiques, dont 16 femmes et 50 moines bouddhistes.

Vague de réformes

En juin à Oslo, alors qu'Aung San Suu Kyi venait de prononcer son discours de lauréate du prix Nobel de la paix, 21 ans après avoir reçu cette distinction pour son combat en faveur de la démocratie au Myanmar, un ministre birman avait indiqué que d'autres prisonniers politiques seraient libérés après deux précédentes vagues en octobre 2011 et janvier 2012.

Ce pays de plus de 50 millions d'habitants a longtemps été considéré comme l'un des plus reclus du monde, jusqu'à ce que le chef d'État, Thein Sein, prenne le pouvoir en mars 2011 dans le cadre d'un transfert des pouvoirs de la junte militaire à un gouvernement civil. Ce dernier demeure contrôlé par les militaires, mais multiplie les gestes d'ouverture depuis que la junte a été dissoute.

Le nouveau gouvernement a depuis libéré des centaines de prisonniers politiques et la LND a pu réintégrer le jeu politique. Les premières réformes ont également conduit à la libération d'Aung San Suu Kyi, qui avait été incarcérée ou assignée à résidence au cours de 15 des 21 dernières années.

Un an après ces réformes politiques inattendues, le président Thein Sein a annoncé en juin dernier une « seconde vague de réformes » qui porteront essentiellement sur le développement économique.

Radio-Canada.ca avec AFP