- Les observateurs de l'ONU restent en Syrie

Les 300 observateurs de l'ONU resteront en Syrie malgré l'escalade de la violence qui les a menés à suspendre leur mission au pays samedi dernier, a annoncé le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

Bien qu'ils soient eux-mêmes cibles de la violence, ils sont dans « l'obligation morale » de ne pas quitter le pays, a jugé le général Robert Mood, chef de la mission des observateurs.

Avec l'intensification des affrontements au cours de 10 derniers jours, les observateurs de l'ONU commencent à craindre pour leur sécurité. Des véhicules ont été touchés par des « tirs directs » à une dizaine de reprises et par des « tirs indirects » des centaines de fois, selon le général Mood.

Pour le moment, le mandat de la mission reste inchangé, même si ses activités sont suspendues, a déclaré Hervé Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, après une réunion du Conseil de sécurité tenue mardi.

Le mandat de la mission de l'ONU expirant le 20 juillet, « nous devons penser très rapidement à ce que seront les options pour le futur de cette mission », a-t-il ajouté.

Au moins 50 personnes ont perdu la vie dans les affrontements au cours des deux derniers jours, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme basé à Londres. Les troupes bombarderaient depuis plusieurs jours des localités défendues farouchement par les rebelles, notamment Homs (centre), en vue de les reprendre.

Des combats entre les forces du régime de Damas et les rebelles syriens sont également rapportés dans la région de Lattaquié, dans le nord-ouest du pays. Au moins 20 soldats syriens auraient été tués et des dizaines d'autres blessés mercredi, selon l'OSDH.

Ces affirmations ne peuvent être vérifiées de source indépendante, les journalistes n'étant pas autorisés à se rendre en Syrie.

Selon l'OSDH, plus 14 400 personnes, en majorité des civils, auraient péri dans les violences depuis le début de la révolte contre le régime du président syrien Bachar Al-Assad à la mi-mars 2011.

Légère ouverture de la part de la Russie

Prenant la parole au Sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique, le président russe a confirmé lundi les déclarations contenues dans un communiqué conjoint émis par son pays et les États-Unis.

Vladimir Poutine et Barack Obama se sont entendus sur le fait que les Syriens devaient choisir leur prochain gouvernement. Il s'agit d'un léger changement de cap, la Syrie étant le principal allié de la Russie au Moyen-Orient.

Le président russe a toutefois affirmé que seul le peuple syrien a le droit de décider si son président, Bachar Al-Assad, doit démissionner. Il a souligné mardi que ce n'étaient pas tous les Syriens qui voulaient changer de leader et que toutes les parties intéressées devaient négocier afin de trouver une façon de mettre fin au bain de sang.

M. Poutine a indiqué qu'il voulait éviter que la situation en Syrie ne dégénère comme en Libye et dans d'autres pays de l'Afrique du Nord, où la violence continue en dépit du changement de régime.

Londres s'est par ailleurs félicité mardi du demi-tour qu'a apparemment dû effectuer un cargo russe soupçonné d'avoir tenté de rapatrier en Syrie des hélicoptères d'attaque Mi-25 remis en état par la Russie, des années après leur vente à Damas par l'URSS.

Un porte-parole du Pentagone a de son côté affirmé que la Russie se préparait à dépêcher trois navires, transportant des vivres et vraisemblablement des soldats, pour protéger le port syrien de Tartous, seule base navale russe en Méditerranée.

Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters