- Le Myanmar promet une seconde vague de réformes

Un an après des réformes politiques inattendues et une réconciliation nationale au pays, le président du Myanmar Thein Sein a annoncé mardi une « seconde vague de réformes » qui porteront essentiellement sur le développement économique.

« Au cours de sa première année au pouvoir, le gouvernement national a oeuvré rapidement en faveur de réformes politiques et d'une réconciliation nationale », a déclaré Thein Sein à l'occasion d'un discours télévisé.

« À partir de cette année, nous travaillons à une seconde vague de réformes qui mettra particulièrement l'accent sur le développement de notre pays », a-t-il poursuivi, précisant vouloir tripler le produit intérieur brut (PIB) par habitant d'ici 2015-2016.

« Quand on observe les pays développés [on remarque que] le budget de l'État ne suffit pas à lui seul à atteindre leurs objectifs de développement [...] qui diminuent la pauvreté, ce qui suppose des prêts internationaux, de l'aide et une expertise technique », a-t-il souligné.

« La privatisation qui fait partie de la deuxième phase des réformes entreprises par le gouvernement ne signifie pas que nous allons les démanteler et les vendre », a indiqué Thein Sein, ajoutant vouloir maintenir des pouvoirs publics dans les secteurs des télécommunications, de l'électricité, de l'énergie, de l'exploitation forestière, de l'éducation, de la santé et de la finance.

Ce pays de plus de 50 millions d'habitants a longtemps été considéré comme l'un des plus reclus du monde, jusqu'à ce que le chef d'État Thein Sein prenne le pouvoir en mars 2011 dans le cadre d'un transfert des pouvoirs de la junte militaire à un gouvernement civil. Ce dernier demeure contrôlé par les militaires, mais multiplie les gestes d'ouverture depuis que la junte a été dissoute.

Le nouveau gouvernement a notamment libéré des centaines de prisonniers politiques et la Ligue nationale pour la démocratie (LND) a pu réintégrer le jeu politique. Les réformes ont également conduit à la libération de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, qui avait été incarcérée ou assignée à résidence au cours de 15 des 21 dernières années.

Depuis, l'opposante a obtenu un siège de députée à la chambre basse du Parlement birman après des élections partielles tenues en avril dernier. Pour la première fois depuis deux décennies, elle a quitté le Myanmar la semaine dernière pour une tournée historique en Europe.

Arrivée à Oslo, en Norvège, elle a prononcé cette semaine son discours de lauréate du prix Nobel de la paix, 21 ans après avoir reçu cette distinction pour son combat en faveur de la démocratie en Birmanie.

Aung San Suu Kyi doit fêter ses 67 ans mardi à Oxford, au Royaume-Uni, où elle a fait ses études et fondé sa famille, avant de tout quitter en 1988 pour se consacrer à son pays.

Deux condamnations à mort après les violences

Entre-temps, trois hommes ont été condamnés à mort mardi pour le viol et le meurtre d'une jeune bouddhiste, qui avait déclenché une série de violences confessionnelles dans l'ouest birman au cours des dernières semaines.

« Le tribunal leur a indiqué qu'ils pouvaient faire appel devant la Cour suprême sous sept jours », a indiqué un responsable gouvernemental, précisant qu'ils ont été reconnus coupables de « meurtre, viol et vol ».

Le troisième accusé se serait enlevé la vie en détention avant le procès, rapporte le quotidien officiel New Light of Myanmar .

Cette affaire avait provoqué des violences religieuses dans l'ouest du pays, les plus graves depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement civil. Elles avaient débuté à Maungdaw, s'étaient répandues dans la capitale et avaient forcé le président Thein Sein à décréter l'état d'urgence dans la région. L'ONU avait également dû évacuer son personnel des zones touchées par les violences.

Les affrontements faisaient suite au lynchage de 10 membres de la communauté musulmane par une centaine de bouddhistes, dans le sud de l'État Rakhine, le 3 juin dernier. Ces derniers disaient avoir réagi eux-mêmes au viol de la jeune bouddhiste par les trois musulmans présumés.

Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters