Le président américain Barack Obama au sommet du G20, à Los Cabos, le 19 juin 2012 au Mexique

La croissance a été le maître-mot retenu par les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 réunis à Los Cabos (Mexique), qui ont fait état de leur préoccupation pour l'économie européenne.

"Nous nous engageons à adopter les mesures nécessaires pour renforcer la demande, soutenir la croissance mondiale et restaurer la confiance", affirment ces pays riches et émergents dans la déclaration commune publiée mardi à l'issue d'un sommet de deux jours.

"Une croissance forte, durable et équilibrée reste la priorité numéro un du G20, car elle engendre une création d'emplois plus importante et accroît le bien-être des peuples dans le monde entier", ajoutent-ils.

Dirigeant le plus fraîchement arrivé au pouvoir au sein de ce groupe de pays riches et émergents, le président français François Hollande s'est félicité de ces conclusions. "Tout n'est pas parfait" et on est "parfois loin du compte, mais sur la croissance, le commerce, la volonté politique (...) en matière d'emploi", il y a eu "des avancées", a-t-il remarqué.

La conjoncture s'est nettement dégradée ces deux derniers mois pour l'économie de la planète. Le G20 a en particulier constaté "un regain de tension sur les marchés" en Europe.

La dégradation continue de la santé de l'économie européenne depuis fin 2009 a été un sujet récurrent des derniers sommets du G20. Los Cabos n'y a pas échappé.

Le président américain Barack Obama a ainsi rencontré mardi les dirigeants de l'Union européenne membres du G20, à une dizaine de jours d'un sommet de l'Union européenne prévu à Bruxelles. Il a estimé que les Européens avaient conscience des enjeux et progressaient avec un "sens élevé" de l'urgence.

"Je pense que cela a été une réunion très constructive. L'Europe s'est montrée très unie", a rapporté le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, interrogé sur cette discussion.

"Les marchés attendent de nous que nous coopérions plus étroitement", a souligné la chancelière allemande Angela Merkel. Elle a dit avoir "insisté sur le fait que nous avons besoin de plus d'Europe, et d'une coopération plus profonde" devant le G20.

La déclaration finale donne des pistes à l'Union européenne et à la zone euro pour améliorer les perspectives de son économie. Entre autres, elle recommande "d'envisager des mesures concrètes vers une architecture financière plus intégrée, englobant la supervision, la résolution des défaillances et la recapitalisation des banques, ainsi que la garantie des dépôts".

L'Europe doit "avoir sa propre réponse" à la crise, sans attendre de "réponse de l'extérieur", a déclaré M. Hollande, soulignant la nécessité pour la France et l'Allemagne de "travailler ensemble".

En échange des promesses européennes, une majorité des pays du groupe contribueront à une augmentation des ressources du Fonds monétaire international, vu comme un rempart contre la crise de la dette publique en Europe.

Ce débat sur la zone euro a occulté la rédaction d'un communiqué-fleuve, qui touche à des sujets aussi divers que la place des femmes sur le marché de l'emploi, l'accès des populations défavorisées à un compte en banque, la transparence sur les marchés financiers de produits dérivés, ou encore l'agriculture face au changement climatique.

Dans tous ces domaines, le G20 regorge de bonnes intentions. Mais il reste dépendant du suivi des recommandations à un niveau national.

Les grandes puissances économiques devraient continuer à privilégier les uns la relance, les autres la rigueur.

Sur ce sujet, un passage sur la politique budgétaire était manifestement écrit pour ménager l'Allemagne et les Etats-Unis, un pays qui aimerait plus d'ordre dans les budgets nationaux, et un autre qui exhorte ses partenaires européens à ne pas asphyxier leur économie avec de la rigueur.

"Nous maintenons notre engagement à réduire les déséquilibres en renforçant les finances publiques des pays avec des politiques saines et durables qui prennent en compte les évolutions de la conjoncture économique", y lit-on.

Mais d'après le Premier ministre indien Manmohan Singh, les partisans de la relance ont plutôt prévalu. "Il y a eu un accord général pour dire que la politique de tous les pays doit être réorientée pour renforcer la croissance", a-t-il dit à la presse.

© 2012 AFP