- Le Canada prévoit ouvrir une ambassade au Myanmar

Le Canada prévoit ouvrir une ambassade au Myanmar (ex-Birmanie), a annoncé vendredi le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird.

Le chef de la diplomatie canadienne a fait cette annonce depuis le Cambodge, où il assiste au Forum régional de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE).

M. Baird a justifié cette décision par les progrès en matière de droits de la personne et de réforme démocratique récemment accomplis dans ce pays de plus de 50 millions d'habitants.

Il a tout de même pressé le gouvernement birman de poursuivre ses réformes, notamment en ce qui concerne les droits de la minorité musulmane du pays.

Le Canada n'a présentement pas de représentant officiel au Myanmar. Les relations diplomatiques avec le pays sont gérées depuis l'ambassade canadienne en Thaïlande, à Bangkok. Les services consulaires aux Canadiens sont offerts par l'ambassade de l'Australie à Rangoon.

Les États-Unis ont annoncé le 17 mai l'envoi d'un ambassadeur au Myanmar, en plus de lever certaines restrictions à l'investissement. Washington avait rappelé son ambassadeur après la répression d'un soulèvement populaire en faveur de la démocratie par la junte militaire, en 1988.

Des relations qui évoluent rapidement

Le 8 mars dernier , le ministre Baird s'était rendu au palais présidentiel, dans la capitale Naypidaw, pour rencontrer le président birman Thein Sein et son homologue Wunna Maung Lwin.

Il s'était ensuite rendu à Rangoon pour rencontrer la figure de proue du mouvement prodémocratique birman, la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi.

Le 1er avril, la fille du héros de l'indépendance birmane a été élue au Parlement birman, avec 33 autres députés de sa formation, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Trois semaines plus tard , le ministre Baird a annoncé que les restrictions sur les importations, les exportations et les transactions financières adoptées contre le Myanmar étaient suspendues.

L'assouplissement de ces sanctions imposées depuis 1988 ne concerne pas l'embargo sur le commerce des armes et de matériel connexe, de même que l'appui technique ou financier lié à des activités militaires.

Des réformes soudaines et inattendues

En novembre 2010, le Myanmar a organisé des législatives dont les grands vainqueurs ont été des partis mis sur pied par les militaires, qui dirigent le pays d'une main de fer depuis 1962. Ces élections n'ont pas été reconnues comme légitimes par les chancelleries occidentales.

Les élections ont eu lieu sans Ang San Suu Kyi, qui était alors assignée à résidence, comme cela a été le cas pour l'essentiel des 20 dernières années. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait été dissous.

Les choses ont cependant pris une tournure inattendue depuis. Le régime, qui reste contrôlé par les militaires, a entrepris un dialogue avec Aung San Suu Kyi, ce qui a permis à l'opposante historique et à la LND de réintégrer le jeu politique.

Le régime a aussi libéré des milliers de prisonniers politiques, dont de nombreux membres de la LND, et a conclu des ententes avec différents groupes ethniques en lutte contre le pouvoir central.