- L'Algérien Lakhdar Brahimi nommé médiateur international en Syrie

Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi a été nommé pour succéder à Kofi Annan comme médiateur international en Syrie, a confirmé l'ONU vendredi.

Contrairement à son prédécesseur, il ne sera pas « émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe », mais plutôt le représentant spécial des deux organisations.

Diplomate « aguerri » selon la Maison-Blanche, M. Brahimi, 78 ans, a été ministre algérien des Affaires étrangères et émissaire de l'ONU en Afghanistan à la suite des attentats du 11 septembre 2001.

Kofi Annan a démissionné le 2 août dernier, montrant du doigt les blocages que les divisions au sein du Conseil de sécurité de l'ONU ont fait peser sur son plan de paix et ses tentatives de mettre un terme à 17 mois de violences en Syrie. Son mandat se terminera le 31 août.

« La violence et les souffrances en Syrie doivent prendre fin », a insisté dans un communiqué Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, au lendemain de la décision de mettre fin à la mission des observateurs de l'ONU en Syrie.

La Turquie a réagi à cette annonce en affirmant qu'il faudra un consensus au Conseil de sécurité pour que M. Brahimi réussisse sa mission. De son côté, Washington a demandé plus de précision sur le mandat du nouveau médiateur.

La nomination de Lakhdar Brahimi survient alors que la situation humanitaire se détériore et que les combats s'intensifient en Syrie. Dans la journée de vendredi seulement, 72 personnes auraient perdu la vie à Damas, dont 43 civils.

En banlieue, des combats ont éclaté vendredi près de l'aéroport militaire de Mazzé, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé à Londres. Il s'agirait d'un signe que la résistance rebelle est bien présente dans la capitale malgré les communiqués du régime assurant du contraire.

Pendant ce temps, la bataille pour le contrôle de la ville d'Alep, métropole du pays, serait toujours en cour.

Lakhdar Brahimi, un diplomate chevronné

« C'est peut-être la seule personne à avoir le courage et la crédibilité nécessaires dans le monde arabe pour réussir un tel exploit. Mais même cet optimiste forcené doit savoir qu'il s'agit d'une situation désespérée », estime un diplomate occidental au sujet de Lakhdar Brahimi.

Né le 1er janvier 1934, le nouveau médiateur de l'ONU en Syrie parle arabe, français et anglais. Il a étudié le droit et les sciences politiques en Algérie et en France.

M. Brahimi fait partie du groupe des « Elders » (anciens), un regroupement indépendant de personnalités connues oeuvrant au règlement des conflits internationaux. L'organisation réunit entre autres Kofi Annan, Jimmy Carter, Desmond Tutu et Martti Ahtisaari.

Quelques missions d'envergure

1989 : Alors émissaire de la Ligue arabe, il contribue à un accord mettant un terme à la guerre civile du Liban.

1994 : Il dirige la mission de l'ONU en Afrique du Sud pendant les élections qui ont porté au pouvoir Nelson Mandela, après l'abolition de l'apartheid.

2001-2004 : Il devient émissaire de l'ONU en Afghanistan pour participer à la reconstruction du pays à la suite du départ des talibans.

2003 : Il devient émissaire de l'ONU en Irak après l'invasion menée par les États-Unis en vue de renverser Saddam Hussein.

M. Brahimi a aussi dirigé des enquêtes sur la manière de réformer les opérations de maintien de la paix des Casques bleus suite à la guerre civile au Rwanda et en Bosnie.

Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters