La Syrie prête à évacuer les civils de Homs

Anonymous / The Associated Press

BEYROUTH - Le gouvernement syrien s'est dit prêt mardi à évacuer sans condition les civils assiégés à Homs, dans le centre du pays, tout en accusant les insurgés d'y faire obstruction.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a demandé dimanche une intervention de l'ONU afin d'évacuer plus de 1000 familles prises au piège dans les zones pilonnées à Homs, où les conditions de vie se dégradent considérablement. Les Nations unies se sont associées à cette demande.

Selon l'agence de presse officielle syrienne SANA, le ministère syrien des Affaires étrangères a pris contact avec les observateurs de l'ONU et les autorités locales à Homs en vue de procéder à l'évacuation des civils.

«Mais les efforts de la mission d'observation ont échoué en raison de l'obstruction des groupes terroristes armés», affirme le communiqué du ministère, en accusant les insurgés de se servir des civils comme «boucliers humains».

Les forces syriennes ont intensifié le siège et les bombardements des quartiers sous contrôle de l'insurrection à Homs, dont Khaldiyeh et Jouret el-Shayyah. D'après l'Observatoire, des dizaines de blessés sont en attente de soins et de médicaments.

Selon des militants, les bombardements et les affrontements entre rebelles et militaires à Homs se sont poursuivis mardi, ce qui montre toute la difficulté d'organiser des évacuations. Des soldats appuyés par des hélicoptères de combat pilonnaient aussi la ville de Rastan, au nord de Homs, contrôlée par les rebelles.

Le chef de la mission d'observation de l'ONU en Syrie, le général norvégien Robert Mood, a déclaré mardi que les observateurs avaient récemment essuyé des coups de feu mais qu'ils comptaient rester dans le pays.

M. Mood a affirmé qu'il était prématuré de parler d'annuler la mission, assurant que les envoyés des Nations unies n'avaient pas l'intention de partir.

Samedi, l'ONU avait annoncé que ses 300 observateurs basés en Syrie avaient suspendu leurs activités parce que les affrontements s'étaient intensifiés au cours des 10 derniers jours et qu'ils craignaient pour leur sécurité.

«Le pilonnage, les coups de feu et les autres incidents se rapprochent de plus en plus, et nous avons été pris pour cibles à quelques reprises durant les dernières semaines», a expliqué Robert Mood, ajoutant que la situation était non seulement dangereuse pour les observateurs, mais les empêchait aussi de mener à bien leur mission.

Le général s'est brièvement adressé aux médias après avoir fait son rapport au Conseil de sécurité des Nations unies à New York dans le cadre d'une rencontre à huis clos.

«La souffrance du peuple syrien, la souffrance des hommes, des femmes et des enfants, certains piégés par les combats, ne cesse d'empirer», a-t-il indiqué.

Robert Mood n'a pas attribué la suspension de la mission à un incident en particulier, mais a déclaré que parmi les raisons qui avaient motivé la décision figurait un épisode où une foule en colère avait attaqué le convoi des observateurs dans une ville.

Il a précisé que, pour relancer la mission, il faudrait que le gouvernement syrien et l'opposition s'engagent à laisser les envoyés des Nations unies circuler librement.

Le régime de Bachar el-Assad a récemment assuré qu'il n'entraverait pas le travail des observateurs, mais l'opposition n'a fait aucune promesse en ce sens.

Les groupes d'opposition soutiennent que plus de 14 000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement populaire en Syrie au mois de mars 2011.