La basilique de la Nativité reconnue par l'UNESCO

James Mills / The Associated Press

SAINT-PÉTERSBOURG, Russie - Les Palestiniens ont réussi à convaincre l'UNESCO d'inscrire la basilique de la Nativité, le lieu de naissance présumé de Jésus-Christ à Bethléem, en Cisjordanie, sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO vendredi.

Cette dénomination s'inscrit dans le cadre de la campagne des Palestiniens pour obtenir la reconnaissance de leur futur État en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est, contrôlés par Israël depuis 1967.

La basilique a été reconnue comme lieu menacé malgré l'opposition d'Israël et des États-Unis et les appréhensions des congrégations religieuses responsables de l'institution.

La basilique de la Nativité est située dans une partie de la Cisjordanie occupée par Israël mais gouvernée par les Palestiniens. La décision de l'UNESCO est perçue comme une validation des droits des Palestiniens sur ce territoire.

Les Palestiniens ont fait valoir que la basilique faisait face à des dangers imminents à cause du manque de rénovations et de l'occupation israélienne continue de la Cisjordanie.

Israël et les États-Unis se sont fermement opposés à la demande en affirmant que la basilique n'est pas menacée, une position soutenue par un comité d'experts de l'ONU.

«Nous sommes enchantés», a déclaré la porte-parole de la délégation palestinienne, Hanan Ashrawi, après le vote du Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO lors d'une réunion à Saint-Pétersbourg, en Russie. Le comité a voté à 13 contre 6 en faveur de la demande des Palestiniens.

Les autorités israéliennes ne s'opposaient pas à ce que la basilique soit inscrite au patrimoine mondial, mais ne voulaient pas qu'elle soit considérée comme «menacée», ce qui sous-tend une culpabilité d'Israël, qui exerce la souveraineté ultime sur la Cisjordanie.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a affirmé que les Palestiniens s'engageaient «dans des actions unilatérales qui ne font que retarder la paix». Il a aussi estimé que l'UNESCO était motivée par des considérations politiques.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riad Malki, a indiqué que les Palestiniens prévoyaient maintenant soumettre la candidature d'autres lieux menacés en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est. Ces éventuelles demandes pourraient provoquer de nouvelles tensions politiques, en particulier à Jérusalem-Est, qu'Israël a annexé après la guerre de 1967.

Mme Ashrawi a indiqué que le vote de vendredi n'était que le début du processus.

«Notre identité, notre place dans la civilisation et notre histoire sont reconnus et commencent à être protégés face à l'empiétement de l'occupation israélienne et la confiscation de nos terres et de notre culture», a-t-elle affirmé.

L'ambassadeur des États-Unis à l'UNESCO, David Killion, a déclaré que Washington était «profondément déçu» par le vote. Les États-Unis tentent de bloquer la campagne de reconnaissance des Palestiniens et ont retiré des dizaines de millions de dollars de financement à l'UNESCO quand l'organisation a accepté la Palestine comme État membre l'an dernier.

Les congrégations responsables de la basilique — l'Église catholique romaine, l'Église orthodoxe de Jérusalem et l'Église apostolique arménienne — ont aussi exprimé leurs inquiétudes, craignant que la statut de patrimoine mondial en péril ne mène à une interférence du gouvernement palestinien et de l'ONU.

La ministre palestinienne du Tourisme, Rula Ma'ayah, espère que cette nouvelle désignation attirera plus de touristes à Bethléem. La ville reçoit environ 100 000 touristes par mois actuellement.